07-04-2011

Le décodeur n°7 – 7 avril 2011

Alliance VITA : le nouveau nom de l’Alliance pour les Droits de la Vie

 

L’actualité du débat bioéthique vue par l’Alliance pour les Droits de la Vie

 

L’événement

 

Des progrès majeurs dans le traitement de la Trisomie 21.

 

Alors que le Sénat vient d’accentuer la politique de dépistage systématique aboutissant à l’élimination quasi-systématique des fœtus porteurs de cette maladie (voir ci-dessous), les Journées Internationales Jérôme Lejeune ont rendues publiques fin mars plusieurs avancées médicales prometteuses pour soigner cette maladie. A partir du thé vert, substance naturelle ne présentant aucun effet secondaire, des chercheurs ont découvert une molécule ayant un effet positif important sur la mémoire et la psychomotricité.

 

Lire ici l’article du Figaro du 5 avril 2011.

 

 

La citation

 

Marie-Hélène Des Esgaulx (UMP) plaidant au cours du débat pour la levée de l’anonymat :

« Il y a des secrets de famille très lourds à porter. Ce qui nous est demandé, c’est d’instituer ces secrets de famille, c’est incroyable ! Que nous, législateurs, nous rentrions dans cette galère, j’ai un petit peu de mal ! ».

 

 

Le chiffre

 

50 000 enfants sont nés en France d’une fécondation artificielle avec donneur anonyme. Chaque année, 1 200 enfants naissent par cette méthode, impliquant 750 donneurs. Ces chiffres sont à prendre en compte dans le débat sur la levée de l’anonymat du don de gamètes.

 

Le résumé des débats au Sénat

 

– Diagnostic prénatal : long débat sur la proposition systématique des examens biologiques et échographiques à toute femme enceinte et sur les risques d’une forme d’eugénisme induits par le dépistage de la Trisomie 21. Les députés, pour éviter la systématisation de ces examens, avaient introduit la mention « quand les conditions médicales le nécessitent ». Les sénateurs ont supprimé cette mention. Plusieurs sénateurs ont pointé la stigmatisation d’une population particulière.

 

– Bébé médicament : le procédé du bébé médicament est maintenu « sous réserve d’avoir épuisé toutes les possibilités offertes ». Plusieurs sénateurs ont plaidé pour ne pas poursuivre cette technique, autorisée à titre expérimental en 2004. Le développement des banques de cellules souches de sang de cordon doit permettre de répondre au problème de la compatibilité des donneurs, et donc d’éviter le tri embryonnaire.

 

– Maintien de l’anonymat du don de gamètes : c’est le sujet qui suscite le plus de divisions au sein-même des partis et du gouvernement. Après plusieurs heures de débat, les sénateurs ont désavoué leur Commission des affaires sociales qui avait prévu la levée de l’anonymat, renonçant à une disposition très réclamée par des jeunes concernés.

 

Pour l’Alliance pour les Droits de la Vie, cette position maintient une discrimination injuste : lire ici notre communiqué.

 

Notre coup de cœur

 

Deux scientifiques, Alain Privat et Monique Adolphe, relativisent fortement l’annonce du Professeur Peschanski d’une « première mondiale » concernant la meilleure connaissance d’une maladie grâce à des cellules souches embryonnaires humaines (voir Le Décodeur n°5). Dans un article très documenté du Quotidien du médecin du 5 avril 2011, ils contestent l’utilisation d’embryons pour parvenir à ce résultat : « en réalité, toutes les semaines, de nouvelles publications scientifiques prouvent que les cellules pluripotentes induites iPS (cellules souches adultes reprogrammées, NDLR) peuvent être –et sont- utilisées par les chercheurs pour la modélisation de pathologies ».

 

Notre coup de gueule

 

Deux poids-deux mesures !

 

Un mois avant l’annonce médiatique du premier bébé médicament par le Pr Frydman en janvier dernier, le Pr Eliane Gluckman atteignait le même résultat pour soigner la même pathologie à partir de cellules de sang de cordon.

 

Pourquoi ce résultat majeur a-t-il été passé sous silence dans la presse ?

Pourquoi n’a-t-il pas eu de retentissement, alors que le Ministre de la Recherche Valérie Pécresse encensait les Professeurs Frydman et Peschanski comme s’il fallait transgresser l’éthique pour mériter les félicitations gouvernementales.