06-11-2011

La crise fait des victimes !

Dans un monde dominé par la course au bien-être, le spectre de la crise et l’angoisse de la pénurie vont exacerber l’appât du gain. Mais tous ne sont pas égaux dans cette course hédoniste, et certains sauront mieux que d’autres tirer leur épingle du jeu.

 

Ainsi, un article de « 20 minutes » du 13 octobre 2011, commentant le dernier rapport « France, Portrait Social » de l’INSEE, suggérait que l’argent fait plus le bonheur que l’arrivée d’un enfant. Cet affront à la sagesse populaire montre à quel point les plus petits sont perçus comme un obstacle sur le chemin de la satisfaction individuelle.

De même les personnes âgées pourraient bientôt craindre d’exprimer leur lassitude de vivre : une telle confidence risque de devenir [aux Pays-Bas, au delà de 70 ans], la justification d’un recours à l’euthanasie. Faut-il comprendre qu’il est inutile de s’encombrer de ceux qui ne prennent même plus goût à cette vie si précieuse et… coûteuse ?

Les jeunes adultes ne sont pas épargnés. Confrontés à la solitude individualiste, ils offrent un marché en pleine expansion : les sites de rencontre ! Derrière l’exploitation des solitudes désespérées, toute une industrie du désir et de l’érotisme s’organise pour ne pas laisser sans emploi un appétit de consommation lucratif.

Le mariage lui-même n’y résiste pas : l’infidélité conjugale est vantée comme le sommet de l’aventure exotique. Et les divorces représentent jusqu’à 30% du chiffre d’affaire des cabinets d’avocats. D’autant qu’un couple rapporte moins quand il est stable que lorsqu’il se sépare : nouveau logement, suivi psychologique des enfants, et… speed dating pour combler de nouvelles solitudes.

 

Que la vie est fragile en des mains mercantiles !