16-11-2011

Nouvelle vague de super-héros

Dans le couloir d’une grande multinationale, une galerie de portraits inhabituelle s’expose aux regards curieux des employés : Franklin D. Roosevelt, Stevie Wonder, Michel Petrucciani, Stephen Hawking, Aimee Mullins. Ces artistes, hommes politiques, scientifiques ou sportifs de haut niveau ont tous un point commun : être atteints d’un handicap et avoir offert à l’humanité des talents exceptionnels.

C’est la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, et le moins qu’on puisse dire c’est que les portes s’ouvrent et les préjugés tombent. Le message est clair : en premier lieu apprendre à voir les compétences, sans se laisser arrêter par le handicap ; ensuite adapter  l’entreprise pour permettre un accueil satisfaisant des employés en situation de handicap. Résultat, le taux d’emploi des personnes handicapées se rapproche des 6% exigés par la loi.

Ce bel effort de communication masque cependant un écueil : la personne handicapée est-elle accueillie pour elle-même ou en vertu de sa performance ? Dans le monde du travail, il est normal de valoriser les compétences. Mais se limiter à ce point de vue exposerait à une vision utilitariste, qui laisserait sur le bord du chemin toutes les personnes non productives du fait de leur invalidité. Ce serait ignorer la plus grande part de leur richesse, qui ne se quantifie pas en valeur ajoutée.

N’attendons pas des personnes handicapées une image valorisante de super-héros, mais acceptons à leur contact de nous découvrir aussi vulnérables et limités…

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