26-11-2011

X et sida : la prévention alibi ?

80 000 préservatifs s’exposent au musée de Beaubourg. Aussitôt, un certain Paris s’émerveille de l’audace de l’artiste Irlandais Mc Cormack. En période d’austérité budgétaire, ça sent le gaspi ; mais les promoteurs de l’exposition s’amusent de voir les enfants s’interroger sur ses ballons bizarres. Il n’y a pas de quoi rire.

Comment un objet aussi trivial a-t-il pu passer des convenances intimes à l’exhibitionnisme tapageur ?

Le sida est passé par là. Mais les mouvements officiellement dédiés à contrer cette pandémie nagent en pleine ambivalence.

Non loin de Beaubourg, sous un chapiteau à la Bastille, c’est une autre exposition – gratuite cette fois – qui est promue, pour la même cause. Intitulée « Sex in the city » et réalisée par Solidarité Sida, elle est « déconseillée  aux moins de 16 ans non accompagnés » ce qui vaut toutes les publicités. Sur un ton guilleret, avec des mots qui font passer la débauche pour de l’amusement, la dépêche de l’Agence France Presse présente l’exposition comme « ludique et décomplexée ». On y apprend que : « dans de petites alcôves, des figurines mettent en scène « l’amour à plusieurs » présenté comme un élément possible d’épanouissement sexuel ». Suit une liste des perversions, dont il est précisé que rien n’est éludé.

Parler d’amour et d’épanouissement à propos d’orgies, c’est imposer aux jeunes visiteurs les fantasmes d’adultes dépravés. Exactement ceux dont la presse parle à propos de personnalités publiques.

Alibi de toute cette « pédagogie » ? Le « sexe sans risque » avec son slogan : « sortez couvert » ! A force de l’ânonner, le sourire aux lèvres, les People de tout poils, font oublier qu’il constitue ni plus ni moins un ordre moral, d’une morale triste et minable, réduite au plus petit bout de la lorgnette.

Nous sommes en droit de nous demander, depuis longtemps, si, brandissant le spectre de la terrible pandémie, aveuglés peut-être par leur bonne conscience, les gourous de la lutte anti-sida ne sont pas passé de la prévention d’une maladie à la promotion de leurs obsessions. N’est-ce pas l’industrie du X, avec ses objets malsains qu’on finit par subventionner indirectement ? Le Conseiller régional d’Ile-de-France Jean-Luc Romero explique, le sourire aux lèvres, avoir découvert à l’expo de Solidarité Sida de « nouveaux instruments » à essayer, puis il dénonce une société de plus en plus « moraliste ». Partant du constat que certains jeunes ont des relations sexuelles dès 13 ans, il estime qu’il faut « dédramatiser ‘ça’ de plus en plus tôt ». Le président D’Elus locaux contre le Sida vient d’envoyer sur Twitter sa photo accompagnée de Brigitte Lahaie, actrice pornographique reconvertie en conseiller sexuel. Cette fois, ils visitent ensemble le Cybercrips organisme dédié à la prévention du VIH que Monsieur Romero préside, pour le compte du Conseil Régional.

La France débat désespérément aujourd’hui de la prévention de la récidive chez les violeurs. Mais les confidences au Figaro.fr d’un ami de la première victime du meurtrier de la jeune Agnès, 13 ans, appelle un autre débat : « À 16 ans, il s’infusait des films classés X au petit déjeuner ». Et de signaler que ce serait avec un de ces objets présentés comme ludiques dans nos expositions parisiennes que le jeune homme déboussolé aurait commis son premier viol.

Il y a quelques temps, un homme entièrement nu, de face, s’étalait en pleine page à la vue des enfants feuilletant le 20 Minutes dans les transports en commun, toujours au prétexte du slogan « sortez couvert ». Quand un exhibitionniste dans la même tenue agressera les mêmes enfants au détour d’un chemin, sa défense sera toute trouvée…

Et dire que l’art 227-24 du code pénal punit sévèrement le fait d’exposer un mineur à la pornographie ! Savoir les enfants aussi mal protégés, il y a de quoi être écœuré.

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