06-02-2012

Euthanasie : documentaire piégé

Sur France 2, le mardi 7 février 2012 à 23h40, est programmé un documentaire de 52 minutes sur la fin de vie d’un homme atteint de lock-in syndrome intitulé « A la vie, à la mort » (réalisé par Anne Georget). Le reportage laisse d’abord entendre que la loi Leonetti cautionne « la mort de faim », puis entend démontrer qu’il faut la changer pour accepter l’injection létale.

Michel Salmon est mort en mars 2011, trois ans après un accident vasculaire cérébral qui l’avait laissé lourdement handicapé, en fauteuil roulant et dépendant d’un respirateur artificiel la nuit et de l’alimentation par gastrostomie. Conscient et capable de s’exprimer de la tête et grâce à l’alphabet, le patient a demandé l’arrêt du respirateur artificiel nocturne, ainsi que de son alimentation, estimant préférable de mourir.

Face au refus de l’équipe de son établissement de rééducation d’assumer les suites de l’arrêt du respirateur, c’est une équipe de soins palliatifs de Paris qui accède à la demande du patient d’être accompagné dans ses derniers jours. Il y est accueilli pendant trois semaines de fin de vie, après arrêt du respirateur. Contrairement à ce que le documentaire laisse croire, l’alimentation n’est pas brutalement interrompue, mais ce sont des soins palliatifs qui sont prodigués.

Les réalisateurs du documentaire ainsi qu’une éthicienne qui semble être au centre de ce projet, Véronique Fournier, ont visiblement instrumentalisé l’équipe de soins palliatifs pour laisser croire que le type de fin de vie vécu par Michel Salmon devrait être remplacé par l’injection létale. Véronique Fournier, dans un récent débat conclut : « Il faudrait que l’euthanasie devienne le soin palliatif ultime. » (Le Monde, mardi 7 février 2012)

Alliance VITA dénonce l’exploitation de cette situation familiale dramatique, la confusion que le documentaire entretient à propos de la loi Leonetti et des soins palliatifs, ainsi que cette nouvelle tentative des promoteurs de l’euthanasie de peser sur une campagne électorale en manipulant des faits. VITA s’étonne de l’ambiguïté du rôle de Véronique Fournier : présentée comme « éthicienne », elle exploite, dans le cadre de sa fonction dans un grand hôpital public, la situation difficile d’un homme et de sa famille au profit de la revendication euthanasique.