24-03-2012

Euthanasie : pro et anti manifestent pour interpeller les candidats à l’Elysée

Paris, 24 mars 2012 – L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) a organisé samedi à Paris un rassemblement pour réclamer la légalisation de « l’aide active à mourir » pendant que des opposants à l’euthanasie se sont rassemblés pour une « flash mob », a constaté l’AFP.

L’ADMD, qui revendique 48.000 adhérents, a réuni entre 1.000 et 2.000 personnes sur la place de la République, samedi à la mi-journée, et devait ensuite organiser un meeting au Cirque d’hiver en présence du maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, et de deux candidats à la présidentielle, Eva Joly

(EELV) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche).
L’association avait appelé à une « grande démonstration » en direction des pouvoirs publics et des prétendants à l’Elysée pour aboutir à la légalisation de l’euthanasie.

De son côté, l’association anti-euthanasie Alliance Vita a réuni environ 500 personnes sur l’esplanade du Trocadéro. Des manifestants vêtus de blanc et déguisés en clowns tristes pour protester contre la campagne menée actuellement par l’ADMD en faveur de l’euthanasie.

« Nous sommes très préoccupés par la pression exercée par l’ADMD sur la campagne électorale », a déclaré le président d’Alliance Vita, Xavier Mirabel.

Cette opération avait aussi pour but de monter au créneau face à la proposition du candidat socialiste François Hollande, qui s’est déclaré partisan dans « des conditions précises et strictes » d’une « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

« L’euthanasie est une mauvaise réponse aux questions légitimes que se posent les Français sur la souffrance, la dépendance et le grand âge », juge l’association pour laquelle « le fait qu’un soignant puisse provoquer délibérément, en toute légalité la mort » serait une « terrible régression ».

L’ADMD milite au contraire pour le vote d’une « loi d’ultime liberté » qui légaliserait une « aide active à mourir » et juge que la loi Leonetti, qui depuis 2005 interdit l’acharnement thérapeutique et instaure un droit au « laisser mourir », ne va pas assez loin.