13-07-2012

Touraine dope la contraception

Par deux décrets et une déclaration lors d’une visite au Mouvement français pour la planning familial, Marisol Touraine a dévoilé ses intentions, en matière de contraception. Les deux décrets que vient de signer la ministre de la Santé autorisent la délivrance de la « contraception d’urgence » gratuitement dans les universités et le renouvellement de la contraception par les pharmaciens sur présentation d’une ordonnance de moins d’un an. Madame Touraine a souhaité par ailleurs la facilitation de la « contraception définitive » – c’est à dire la stérilisation – sans condition d’âge.

Ces annonces ont été faites lors d’une visite au Planning familial de Cergy-Pontoise (Val d’Oise) le 12 juillet 2012. Actuellement, l’Assurance maladie ne rembourse pas la stérilisation pour les femmes de moins de 40 ans sauf en cas de «contre-indication à la grossesse et une intolérance à la contraception». La non-réversibilité de cet acte soulève des questions éthiques et n’est pas sans conséquences psychologiques. C’est ce qui a conduit le législateur en 2001 à mentionner explicitement dans la loi que les médecins peuvent en conscience refuser de pratiquer un geste qu’on peut assimiler à une mutilation du corps féminin.

Confrontée aux témoignages de femmes qui regrettent avoir eu recours à la stérilisation, VITA souligne que cette surenchère ministérielle en faveur du remboursement de la contraception intervient alors que la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé vient de constater que «le nombre des IVG ne diminue pas malgré la généralisation de la contraception». La Dress a publié le 26 juin 2012 les dernières statistiques de l’IVG publiées : 225 000 IVG ont été pratiquées en 2010. Or, «les IVG, y compris chez les plus jeunes, ne s’expliquent pas principalement par un défaut de couverture contraceptive : selon les premiers résultats du Baromètre Santé 2010 de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, 91 % des Françaises sexuellement actives âgées de 15 à 49 ans déclarent employer une méthode contraceptive. D’après l’enquête de la Drees sur les femmes ayant eu recours à l’IVG en 2007, deux IVG sur trois concernaient une femme utilisant une méthode contraceptive.»