05-12-2012

Fin de vie : quelles décisions ?

L’INED vient de publier dans son bulletin de novembre 2012 les résultats d’une enquête, conduite avec l’Observatoire national de la Fin de Vie, sur « Les décisions médicales en fin de vie en France » : selon cette enquête, le nombre d’actes qualifiés « d’euthanasies » est estimé à 0,6% du total des décès analysés et, plus largement, les « actes visant à mettre fin à la vie d’un patient » sont estimés à 3,1% du total1.

L’étude porte sur près de 5 000 décès survenus en décembre 2009, avec une centaine de questions posées au médecin qui a rempli l’acte de décès. Les résultats mettent en lumière que la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (dite loi Leonetti ) est globalement bien appliquée, en particulier pour ne pas mettre en œuvre ou arrêter des traitements inutiles, et pour mieux soulager la douleur. Il reste cependant des progrès à faire, en particulier sur la collégialité des décisions et sur les directives anticipées.

L’ambiguïté majeure de ce travail reste dans les choix effectués pour classer une décision médicale : comment distinguer une décision prise « en sachant qu’elle pourrait hâter la mort », par opposition à une autre prise « sans considérer qu’elle pourrait hâter la mort » ? La frontière reste très délicate, ce qui doit justifier une grande prudence dans l’interprétation des résultats.

Pour Alliance VITA, cette enquête confirme que les demandes d’euthanasies restent très rares en France, et que les médecins parviennent de mieux en mieux à gérer la douleur et à éviter les situations d’acharnement thérapeutique. La meilleure prise en compte des souffrances physiques ou morales passe par le déploiement plus rapide des soins palliatifs et l’accompagnement humain des patients, et non par un changement de législation.

 

 

  1. ces actes intègrent notamment les décisions de limitation ou d’arrêt des traitements visant à prolonger la vie, et l’intensification des traitements de la douleur