25-11-2014

Résolution IVG : VITA dénonce la banalisation

40 ans après la première loi de dépénalisation, le débat sur l’IVG reste très sensible en France. La raison ne doit pas en être occultée : dans chaque IVG, c’est le destin de deux vies qui est en jeu. Aussi les tentatives de banaliser l’interruption volontaire de grossesse, ou de nier le caractère dramatique de l’expérience vécue par de nombreuses femmes, constituent une forme de violence psychique. Rappelons qu’au niveau européen, une résolution a été votée en 2013 proscrivant l’avortement selon le sexe. Plutôt que des déclarations de principe, il est urgent de considérer la réalité de l’avortement et de conduire une politique de prévention de l’IVG en cas de grossesse imprévue ou difficile.

Chaque année 220 000 femmes vivent un avortement en France, ce qui représente une grossesse sur cinq. Selon l’Institut National d’Études Démographiques, 40% des Françaises auront recours à un avortement dans leur vie et 72% des femmes qui recourent à l’IVG étaient sous contraception lorsqu’elles sont devenues enceintes. Alliance VITA dénonce l’échec de la prévention de l’avortement en France et la dégradation de l’information qui est faite aux femmes confrontées à un dilemme souvent douloureux. Elle appelle à une prise de conscience de ce qui constitue un véritable scandale sanitaire et social.

Pour la Haute Autorité de la Santé, citée dans le rapport de l’IGAS sur la prévention des grossesses non désirées (2010) : « L’IVG demeure un évènement souvent difficile à vivre sur le plan psychologique. Cette dimension manque d’éclairage objectif et scientifique ». Aucune évaluation n’a été conduite depuis ce constat par les pouvoirs publics.

Pour Caroline Roux, Secrétaire générale et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA : « l’information délivrée aux femmes en matière d’IVG s’est dégradée depuis une dizaine d’années. Les évolutions  de la législation et des pratiques ne respectent pas les femmes, qui peinent à avoir une information éclairée : la loi du 4 juillet 2001 a supprimé du dossier-guide remis aux femmes qui viennent s’informer pour une éventuelle IVG, la présentation des aides et protections assurées aux femmes enceintes. De même, aucune information concernant ces droits et aides ne figure sur le site du Ministère de la santé, dans l’espace consacré à l’IVG. Or les femmes qui s’adressent à nous évoquent leurs difficultés à pouvoir éviter l’IVG, souvent sous la contrainte de leurs situations personnelles et des pressions qui s’exercent sur elles, bien souvent de la part des hommes. Cette résolution qui prétend renforcer l’IVG comme un « droit fondamental » ne résout en rien la problématique souvent douloureuse des femmes qui  n’ignorent pas que c’est la destinée d’un être humain qui est en jeu. Les pouvoirs publics ont renoncé à une vraie politique de prévention de l’IVG, en cas de grossesse imprévue ou difficile. C’est particulièrement préoccupant  dans le contexte économique et social actuel. »

Alliance VITA demande que soit conduite une politique ambitieuse de prévention de l’IVG et que soit introduite dans la loi une mesure garantissant une information équilibrée sur les droits, aides et démarches pour les femmes enceintes, seules ou en couple, ainsi que le descriptif de leur protection sociale. Cela pourrait contribuer à résoudre un grand nombre de drames personnels, en présentant aux femmes des perspectives autres que l’avortement.

Elle appelle également les parlementaires à demander qu’un étude objective et scientifique soit conduite sur les conséquences psychologiques et humaines de l’IVG au niveau national.