20-03-2015

Formation pour les aidants sexuels

Du 12 au 15 mars 2015, l’Association pour la promotion de l’accompagnement sexuel (Appas) a organisé une formation d’aidants sexuels en Alsace, avec l’intention de relancer le débat sur la reconnaissance légale de leur statut. Cette démarche suscite des réserves importantes depuis de nombreuses années.

L’objectif de cette formation était d’apporter des connaissances théoriques, juridiques et éthiques aux onze participants, aides-soignants, éducateurs spécialisés, masseurs ou travailleurs du sexe. Certains étaient sûrs de leur projet, d’autres mûrissaient encore leur choix. Le programme comportait une formation sur le cadre légal de cette pratique, une séance sur les postures avec quelques exercices pratiques (massages), un enseignement sur la sexualité des personnes handicapées et le témoignage d’une assistante sexuelle berlinoise.

En proposant cette formation, le président de l’Appas, Marcel Nuss, lui-même lourdement handicapé, assume le risque de s’exposer à des poursuites judiciaires. L’assistance sexuelle n’a pas de statut reconnu en France où elle est assimilée à de la prostitution, et les intermédiaires, à des proxénètes. Mais Marcel Nuss souhaite « qu’on en parle », car cette question continue de diviser la classe politique et la société civile, selon lui. L’Appas rappelle que dans d’autres pays européens (Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Autriche, Italie et Espagne), la profession d’aidant sexuel est reconnue ou bénéficie d’un cadre juridique favorable.

En mars 2013, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) avait rendu un avis défavorable à la reconnaissance du métier d’assistant sexuel pour les personnes handicapées. Il estimait, d’une part, que l’aide sexuelle aux personnes handicapées ne pouvait être admise comme un « droit-créance assuré » impliquant une obligation de la société vis-à-vis des personnes handicapées, d’autre part, que « le risque de dérive est très important, pour les aidants comme pour les bénéficiants ».

Insistant sur les risques de dérives et de manipulations sur des personnes fragiles et vulnérables, et soulignant que l’exercice de la sexualité est une liberté, et non un « droit opposable », Alliance VITA s’est opposée dès 2011 à la reconnaissance juridique d’un métier d’aidant sexuel. Pour Xavier Mirabel, « l’idée des aidants sexuels est une mauvaise réponse à une bonne question, celle de l’épanouissement affectif des personnes blessées dans leur corps ou dans leur esprit » (Notexpert du 5-12-2011).