17-03-2015

Des scientifiques contre la création in vitro d’embryons humains génétiquement modifiés

Des scientifiques, s’exprimant dans une tribune du journal scientifique Nature du 12 mars 2015, demandent l’interdiction de la création in vitro d’embryons humains génétiquement modifiés : ils plaident pour que soit décrété un moratoire international sur la fécondation de cellules germinales (ovules ou spermatozoïdes) ayant fait l’objet d’expérimentations et de modifications de leur ADN (génome).

Les chercheurs, issus de deux entreprises spécialisées dans la bioscience, appellent à interdire les manipulations sur les cellules reproductrices, des techniques ayant été mises au point pour en modifier le génome, à faible coût et facilement.

Ces dirigeants de Sangamo BIOsciences et des représentant de l’ARM (Alliance for Regenerative Medicine) souhaitent alerter la communauté internationale, en insistant sur les risques éthiques majeurs que présentent ces découvertes et sur leur faible intérêt thérapeutique. Selon eux, modifier le génome d’un embryon, donc d’un futur enfant, serait une grave transgression éthique, un bouleversement inédit dans les manipulations génétiques avec l’avènement de dérives eugéniques et scientistes sans précédent. De telles modifications étant héréditaires, donc transmissibles de génération en génération, leurs conséquences sont imprévisibles.

« Ne touchez pas à l’embryon » c’est en substance la ligne à ne pas franchir, car cela reviendrait, in fine, à modifier l’espèce humaine.

Pour Jean-Louis Serre, professeur de génétique à l’Université de Versailles, « Si les gamètes étaient utilisés après manipulation à des fins de fécondation, cela pourrait mener soit à pas grand-chose, car une fois touchées, les cellules reproductrices peuvent ne pas se développer, soit à une sorte de monstre ».

Les dangers existent aussi pour Laurent Alexandre, le fondateur de Doctissimo. Spécialiste des biotechnologies du futur, il estime cependant que « la législation sera contournée au niveau international » notamment par une Chine « ultra-eugéniste ».

Quoi qu’il en soit, cette prise de conscience des dangers des manipulations génétiques, par des scientifiques qui en appellent aux politiques, confirme que les avancées vertigineuses de la science nécessitent une régulation législative urgente. Pour préserver l’intégrité de l’humanité.