20-03-2015

Que signifie le déni de grossesse ?

Plusieurs cas de dénis de grossesse ont récemment défrayé la chronique en France et à l’étranger, suite à la découverte d’infanticides.

Le 19 mars dernier, cinq bébés ont été découverts congelés en Gironde. Par ailleurs, le lundi 23 mars, s’est ouvert un procès devant la Cour d’Assises de Namur, en Belgique, suite à un infanticide : les faits remontent à 2012 où une maman avait accouché seule dans sa salle de bains et étouffé son bébé, sans avoir eu conscience de sa grossesse.

Que signifie exactement le « déni de grossesse » ? 

Une femme peut être enceinte sans présenter aucun symptôme propre à la grossesse. Même une femme de petite corpulence peut mener une grossesse à son terme sans s’en apercevoir, nous explique le Professeur Nisand. Le foetus se fait tout petit et grandit dans le sens de la hauteur, le long de la colonne vertébrale, ce qui fait que le ventre de la femme ne s’arrondit pas. Aucune personne de l’entourage ne remarque la grossesse, pas même le conjoint.

Certaines femmes ont une pré-conscience de leur grossesse, mais la seule façon de protéger leur grossesse est de ne pas pouvoir y penser, de ne pas la mentaliser. Ce bébé n’est pas présent.

Dans certains cas, ces femmes vont prendre conscience de leur grossesse après plusieurs mois. D’autres seront dans un déni total, c’est-à-dire qu’elles s’apercevront de leur grossesse quelques jours avant d’accoucher, voire même au moment de l’accouchement. « Quand elles accouchent et que quelque chose sort de leur corps, ces femmes expliquent en expertise, qu’elles ne l’ont pas vu. Elles n’ont pas psychiquement compris que c’était un bébé »

Le terrible choc psychologique lorsque la mère prend conscience de sa grossesse au moment même de l’accouchement peut entraîner des pulsions de mort vis-à-vis de son enfant (ce qui arrive dans moins de 10% des cas de déni de grossesse).

Le déni de grossesse toucherait environ 3 grossesses sur 1.000 et tend à augmenter, nous dit Reine Vanderlinden, psychologue périnatale à l’hôpital Edith Cavell à Uccle. Les femmes sont soumises à des conditions qui leur font parfois penser qu’il est absolument impossible de garder un bébé quand elles se découvrent enceintes. Ce déni de grossesse leur donne la possibilité d’accueillir cet enfant alors que tout s’oppose à un tel projet.