10-02-2016

Pays-Bas : un rapport officiel contre l’extension de l’euthanasie


 

Aux Pays-Bas, un rapport traitant des personnes se considérant « fatiguées de vivre » vient d’être remis au gouvernement, concluant qu’il ne fallait pas étendre l’euthanasie à ce type de situations.

Le débat néerlandais porte actuellement sur le cas des personnes « fatiguées de vivre » et sur la possibilité d’accéder à leur demande de mettre fin à leur vie, et de leur en donner les moyens. Les termes « voltooid leven » (vie terminée) ou « Klaar met leven » (fini avec la vie), sont les nouveaux mots clé utilisés pour élargir la loi sur l’euthanasie avec pour objectif ultime la mise à disposition d’une pilule utilisable de façon autonome par quiconque pour mettre fin à sa vie.

Les médecins sont autorisés actuellement à pratiquer une euthanasie pour les cas répondant aux critères de la loi de 2002 sur l’euthanasie. En Juillet 2014, les ministres de la justice et de la santé ont mis en place une « commission de sages », dirigée par le Docteur Paul Schnabel, pour évaluer les questions sociétales et les possibilités juridiques d’élargir encore cette pratique en accédant aux demandes de personnes qui considèrent que leur vie est terminée et veulent mourir.

Dans son rapport, cette commission estime que la notion de « vie terminée » relève d’une conclusion très personnelle de personnes qui considèrent que leur vie n’a plus de perspectives et qui ont développé une envie persistante de mourir. Plusieurs facteurs peuvent aboutir à ces situations : corporels, psychiques, cognitifs, psychosociaux, existentiels.

Plusieurs situations se présentent alors :

  1. celles qui tombent sous le coup de la loi actuelle avec des souffrances intolérables d’origine essentiellement médicales ;
  2. celles que l’on qualifie de limites où il est moins clair que la souffrance ait des causes essentiellement médicales ;
  3. celles où la souffrance n’a pas de causes médicales ;
  4. celles où il n’y a pas de souffrance.

Le rapport examine chacune de ces situations. Il semblerait que le nombre de personnes qui jugent leur « vie terminée » est relativement faible. C’est encore plus vrai pour les cas dont les causes sont médicales.

Ce rapport révèle aussi que la vision de la légitimité de l’assistance au suicide dans les cas de « vie terminée » dépend de l’approche de l’autonomie : individualiste ou relationnelle. Du point de vue du gouvernement et de la société, il est important de considérer les conséquences sociétales d’un éventuel élargissement de la loi.

Le rapport souligne qu’il y a de multiples possibilités d’éviter la perception d’une « vie terminée » : préparation à l’acceptation de la vieillesse, support aux personnes âgées, amélioration de leur autonomie, combat contre l’isolement, réponse aux besoins spirituels, attention à donner du sens à la vie, réévaluation de la valeur de la vie dans le grand âge, etc.

La commission considère qu’il s’agit d’une question de vie et de mort, et qu’il n’est pas raisonnable d’élargir le cadre actuel. Néanmoins, le fait qu’un tel débat puisse s’ouvrir montre les graves conséquences de la mentalité euthanasique.