18-03-2016

Virus ZIKA et microcéphalie : le risque quantifié pour la première fois


A Macro photo of a Mosquito

Dans une étude publiée le 16 mars dans la revue « The Lancet », l’Institut  Pasteur confirme le risque accru de microcéphalie pour le fœtus/nouveau-né d’une mère infectée par le virus Zika durant le premier trimestre de la grossesse.

Une mère infectée par le virus du Zika durant son premier trimestre de grossesse aurait 50 fois plus de risque d’avoir un bébé atteint de microcéphalie, une malformation grave de la tête. C’est ce que démontre pour la première fois une étude conduite par l’Institut Pasteur et des chercheurs Polynésiens à partir des données de femmes touchées par le virus Zika en Polynésie française entre septembre 2013 et juillet 2015.

S’appuyant sur une modélisation mathématique, l’étude démontre que le risque de microcéphalie est de l’ordre de 1% pour un fœtus/nouveau-né dont la mère a été infectée par le virus Zika durant le premier trimestre de la grossesse, contre un risque de 0,02% en temps normal.

L’analyse établit que sur les 8 cas de microcéphalie avérés, 7 sont apparus dans les 4 mois qui ont suivi l’épidémie de Zika, indiquant une conjonction temporelle forte (88%) entre l’épidémie et la survenue de la microcéphalie.

La recherche sur la corrélation entre microcéphalie du fœtus  et infection pour le virus Zika s’est accentuée ces derniers mois.

Courant février, une équipe de chercheurs brésiliens a  annoncé avoir identifié la présence du virus Zika dans le liquide amniotique de deux femmes enceintes (dans The Lancet Infectious Diseases).

Début mars, dans une étude publiée dans la revue américaine Cell Stem Cell,  une autre équipe de chercheurs démontrait par une expérience en laboratoire que le virus Zika pouvait attaquer et détruire des cellules cérébrales humaines.

C’est dans ce contexte que l’étude de l’Institut Pasteur apporte pour la première fois des données chiffrées sur la corrélation entre infection par le virus Zika et survenue de microcéphalie.

Selon l’Institut Pasteur, ce risque de 1% est bien plus faible que celui observé lors d’autres infections virales associées à des complications durant la grossesse, comme la rubéole qui génère un risque de 38 à 100%. La préoccupation des autorités sanitaires tient à la forte proportion de personnes infectées lors d’une épidémie de Zika. Cette crainte récurrente d’une explosion du nombre de cas de microcéphalies a entraîné depuis le début de l’année des pressions fortes de la part des organisations internationales sur le Brésil pour qu’il modifie sa politique d’accès à l’avortement.

Les conclusions de cette première étude, réalisée à partir d’une modélisation mathématique, devront être confirmées par d’autres travaux de recherches dans les prochains mois.

Par ailleurs, l’analyse publiée par l’équipe de chercheurs de Pasteur ne portant que sur des mères dont la contamination a été avérée, il reste à établir si les formes d’infection Zika sans symptômes posent également un risque pour le fœtus.