16-06-2016

[CP] Vincent Lambert – Réaction à la décision de reprise de la procédure collégiale


 

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Alliance VITA exprime sa vive inquiétude à l’annonce de la décision de la Cour administrative d’appel de Nancy d’exiger la reprise de la procédure collégiale pouvant conduire à l’arrêt des soins et au décès de Vincent Lambert.

 

Alliance VITA estime que la reprise de la procédure collégiale doit impérativement intégrer l’option d’un transfert de Vincent Lambert vers un autre établissement mieux adapté à sa situation médicale. Compte tenu de l’évolution de son état réel depuis juillet 2015, il n’y a pas de raison de n’envisager que la seule option de fin des soins et de mort par arrêt d’alimentation et d’hydratation.

 

L’équipe médicale du CHU de Reims avait pris la décision en juillet 2015 de suspendre cette procédure et de demander à la justice de nommer un tuteur pour cet homme qui ne peut plus s’exprimer. Cette orientation était sage, car elle laissait ouverte une réflexion sur l’avenir de Vincent Lambert. Une autre Cour d’appel, celle de Reims, doit se prononcer le 8 juillet prochain sur le choix des personnes les plus aptes à exercer cette tutelle.

 

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator) : « Le moindre des paradoxes, dans cette triste affaire, c’est qu’après avoir offert un surprenant porte-voix médiatique à un simple neveu qui conteste la position d’une mère, la justice cautionne cette requête d’un membre de la famille élargie. Le traitement infligé à Madame Vivianne Lambert est aux antipodes de celui dont bénéficiait Madame Marie Humbert, qui avait décidé de provoquer le décès de son fils en 2003, …

 

Prendre soin de son enfant, le protéger, demander pour lui une prise en charge adaptée, comment ne pas respecter une telle demande maternelle ? Et en quoi la poursuite de vie de Vincent Lambert est-elle à ce point gênante qu’il faille inventer une procédure pour y mettre un terme ? Bien des familles et bien des soignants concernés par la grande dépendance ressentent un malaise et une peur compréhensibles devant ces rebondissements judiciaires qui confirment l’arbitraire qui entoure cette situation douloureuse. L’apaisement devrait commencer par une prise en charge adaptée qui est refusée à Vincent. L’euthanasier, sans prononcer ce mot, alors par ailleurs qu’il ne peut donner son avis, serait une grave hypocrisie ouvrant la boîte de Pandore pour d’autres cas. Protéger les patients spécialement quand ils sont plus fragiles, et continuer à leur apporter les soins les plus adaptés est au contraire le propre de l’humanité véritable. »