13-09-2017

Débat sur le suicide assisté, Tugdual Derville invité de Sud Radio


Tugdual Derville était l’invité de Philippe David sur Sud Radio, le 12 septembre 2017, face à Irène Frain, écrivain et membre d’honneur de l’ADMD, Gilles Vervisch, philosophe, et Bernard-Marie Dupont, avocat et médecin, dans l’émission « Prenez la parole » pour débattre du suicide assisté, suite à la médiatisation de l’affaire Anne Bert, patiente atteinte de la maladie de Charcot, ayant demandé d’aller mourir en Belgique.

 

 

Verbatim extraits de l’émission :

« L’expression de Voltaire « la mort est un devoir » me hérisse et je me dis qu’effectivement c’est ce qui risque d’arriver, si une société considère que, pour une personne gravement malade, l’euthanasie est comme un devoir. Comme si elle devait « réussir sa sortie » pour ne pas s’imposer – et ne pas nous imposer – cette maladie… »

« Je pense aujourd’hui à toutes les personnes atteints de la maladie de Charcot, et à tous leurs proches, qui vont jusqu’au bout d’un parcours, prennent soin les uns des autres, vivent et témoignent de la vitalité de ces personnes malades et de leur dignité jusqu’au terme de leur vie, à tous les soignants qui les accompagnent. »

« Il y aurait quelque chose d’extrêmement décourageant de laisser croire à notre société que face à ces patients il faudrait anticiper la mort plutôt que d’accompagner la vie. »

« Je ressens un grand malaise à commenter un livre prévu pour paraître quand celle qui l’a écrit sera morte. (…) J’aimerais qu’Anne Bert se donne et nous donne la chance de vivre sa vie jusqu’au bout. »

« Ce qui me choque beaucoup, c’est l’inégalité, non pas devant la mort, mais devant la vie : en matière d’accompagnement des personnes, d’accès aux soins palliatifs. »

« L’enjeu, c’est un choix de société majeur : allons-nous tout faire pour lutter contre la douleur, contre les souffrances morales, les souffrances sociales et spirituelles qu’il y a en fin de vie ? Allons-nous mettre les moyens nécessaire ou allons-nous vers la solution de facilité qui est d’ « éteindre » les personnes ? »

« Les plus vulnérables nous disent beaucoup de l’humanité. Je n’accepte pas qu’on juge une personne selon sa supposée utilité. »

« Il y a une ligne rouge à ne pas franchir pour qu’on puisse vivre en société, ce qui ne veut pas dire se réjouir de la souffrance. L’enjeu est de récuser à la fois l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie : c’est ce que nous proposons à Alliance VITA avec le guide des directives anticipées.

« Le regard que nous posons sur les plus vulnérables détermine très souvent le regard qu’ils posent sur eux-mêmes.« 

« Il faudrait aussi entendre les témoignages des personnes qui ont des scléroses latérales amyotrophiques et qui vivent pleinement, même intubés ; il faut aussi écouter ces messages pour ne pas désespérer les personnes qui vont au bout de ce chemin en s’accompagnant réciproquement. »