Sédation terminale et Ordre des Médecins : attention à la confusion

14/02/2013

L’association Alliance VITA, engagée dans l’accompagnement des personnes en fin de vie par son service « SOS fin de vie », réagit au débat ouvert par l’Ordre des Médecins à propos de la sédation terminale, et met en garde contre de graves confusions suscitées par cette expression.

Pour le docteur Xavier Mirabel cancérologue et président d’Alliance VITA : « La déontologie médicale prend en compte depuis longtemps la possibilité d’administrer au patient en fin de vie des antalgiques puissants, voire une anesthésie générale, quand l’intention est de soulager des symptômes pénibles, même si les conséquences des produits administrés peuvent accélérer ou provoquer la mort.

C’est le principe de l’acte à double effet. Et c’est bien dans cet esprit qu’il faut interpréter la loi Leonetti qui récuse à la fois euthanasie et acharnement thérapeutique. En parlant de sédation terminale, le Conseil de l’Ordre des Médecins introduit, à mes yeux, une ambiguïté dont il faut sortir. S’il s’agit d’anesthésier un patient en fin de vie afin de lui éviter les symptômes trop pénibles au moment de la mort, c’est une bonne pratique médicale. Mais si l’intention est de provoquer la mort par une anesthésie accompagnée de produits létaux, il s’agit alors ni plus ni moins d’une euthanasie.

Le sondage d’opinion rendu public par l’Ordre des Médecins montre que, même si les médecins sont bien moins nombreux que  le reste de la population à être favorables à l’euthanasie – ce qui est heureux -, nous constatons que l’interdit de tuer, fondateur de la confiance entre soignants et soignés, a subi une grave érosion chez les praticiens. Plutôt que d’en tirer la conclusion de légaliser l’euthanasie, nous plaidons pour une formation des médecins à l’accompagnement de fin de vie qui évite à la fois l’acharnement thérapeutique (soins inutiles ou disproportionnés) et l’euthanasie (action de donner intentionnellement la mort).

Je tiens à préciser ces définitions, car c’est toujours au travers d’exception ou d’un changement de vocabulaire que l’on rentre dans les plus graves transgressions à l’éthique médicale, avec le risque de ne plus pouvoir s’arrêter. »

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