Conférence de citoyens sur la fin de vie : douteux sur la forme, dangereux sur le fond

16/12/2013

Alliance VITA réagit aux conclusions du panel de citoyens rendu public par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) le lundi 16 décembre 2013.

Sur la forme, Alliance VITA confirme son étonnement de voir que le principe d’Etats généraux démocratiques s’est résumé à l’avis d’un panel de 18 citoyens, recrutés par un institut de sondage. En démocratie, on ne peut pas s’appuyer sur un aussi petit nombre de personnes qui « ne prétend pas à la représentativité de la population française » comme le souligne l’IFOP qui a réalisé ce panel.

Sur le fond, l’ouverture à un droit opposable au suicide viendrait profondément bouleverser la relation entre soignants et soignés ainsi que toute la politique de prévention du suicide des personnes les plus fragiles. De même, la notion ambiguë d’exception d’euthanasie ouvrirait dangereusement la porte à toutes les dérives observées aux Pays-Bas et en Belgique, comme récemment l’euthanasie des mineurs.

Pour Tugdual Derville délégué général d’Alliance VITA, fondateur du service SOS fin de vie et auteur de La bataille de l’euthanasie ( Salvator, 2012) : « C’est une illusion de penser qu’on peut à la fois promouvoir les soins palliatifs qui accompagnent et soulagent les patients, et l’euthanasie ou le suicide  qui sont des solutions radicales et violentes.  L’équilibre de la loi Leonetti, qui récuse acharnement thérapeutique et euthanasie pour promouvoir les soins palliatifs, doit être préservé. Comment mobiliser toute la société pour la prévention du suicide à tout âge, de l’adolescence à la vieillesse, et organiser une politique inverse pour les personnes dépendantes ou en fin de vie ? Ce serait laisser croire qu’il y a des « sous-vies » indignes d’être respectées. »

De son côté le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA ajoute : « Nous attendons toujours que le président de la République tienne son engagement de renforcer de façon consistante les moyens d’accès aux soins palliatifs de qualité. Quel poids notre société va-t-elle donner à l’opinion de 18 personnes au regard d’avis beaucoup plus étayés rendus par la commission Sicard en décembre 2012 ou par le CCNE en juillet 2013 ? Penser avoir un avis autorisé sur la fin de vie sans avoir l’expérience approfondie de l’accompagnent ou du soin , c’est se placer sous emprise émotionnelle voire idéologique. C’est au jour le jour que les soignants, les soignés et leurs proches doivent trouver des solutions qui respectent la dignité de toute personne, même lourdement dépendante, jusqu’au terme naturel de leur vie. »

Alors que le président du principal mouvement de promotion de l’euthanasie a été auditionné par le panel à la demande du CCNE, Alliance VITA note qu’à aucun moment il ne lui a été proposé d’exposer son expertise pourtant reconnue.

Alliance VITA demande au gouvernement de ne pas renoncer à la véritable solidarité envers les plus fragiles.

>> Consulter le rapport de la Conférence de citoyens sur la Fin de vie

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