IVG en hausse : quelle prévention ?

L’organisme chargé de statistiques au ministère de la Santé, la Drees, vient de publier les statistiques des IVG en 2013 qui font apparaître une hausse de 10 000 avortements par rapport à 2012 en France métropolitaine.

Cette hausse avait été signalée dès juillet 2014 alors que le ministère n’avait encore que des données provisoires. Parmi les causes suspectées alors, on avançait le déremboursement des pilules de 3ème et 4ème générations, décidé à partir du 31 mars 2013 en raison de leurs incidences sur la santé des femmes. D’autres pensent que cela pourrait être dû à des mesures récentes comme le remboursement à 100% par la Sécurité sociale des actes d’IVG, suite à la loi du 17 décembre 2012, ou encore l’augmentation en 2013 de la rémunération des établissements hospitaliers qui pratiquent un IVG.

Les auteurs du rapport de la Drees ne retiennent pas ces causes hypothétiques pour expliquer ces chiffes mais soulignent que  « le nombre des IVG, y compris chez les plus jeunes, ne s’explique pas principalement par un défaut de couverture contraceptive. En 2013, selon l’enquête Fécond, seules 3 % des femmes, ni enceintes ni stériles, ayant des rapports hétérosexuels et ne voulant pas d’enfants n’utilisent aucune méthode de contraception. En 2007, d’après l’enquête sur les IVG de la DREES, deux femmes sur trois ayant eu une IVG utilisaient une méthode contraceptive qui n’avait pas fonctionné, en raison d’un oubli de pilule ou d’un accident de préservatif. »

 

Le taux de recours à l’avortement n’a jamais été aussi élevé en France : les 229 000 avortements correspondent à un taux de 15,6 IVG pour mille femmes. Les taux les plus élevés depuis des années concernent l’Ile de France (18,8), la région PACA (22,3) et les DOM (26). C’est dans la tranche d’âge 20-24 ans que le nombre d’avortements demeure le plus élevé. Même si on note une légère baisse chez les moins de 20 ans, 86% des avortements sont le fait de femmes de moins de 30 ans.

La part des IVG médicamenteuses ne cesse d’augmenter, pour atteindre 58% des IVG en métropole et 61% dans les DOM. Ce type d’avortements a un impact sur la rapidité de décision imposée aux femmes, puisqu’il doit être pratiqué avant 5 semaines de grossesse (à domicile) ou 7 semaines (à l’hôpital). La part non-hospitalière atteint 15% des IVG, essentiellement pratiquée par des médecins de ville et, pour 1%, dans des centres de santé ou de planification.

Alors que cette réalité devrait inciter à entreprendre une véritable politique de prévention de l’avortement, Alliance VITA alerte sur les mesures introduites dans le projet de loi Santé en cours de discussion au Parlement, qui facilitent toujours plus l’accès à l’IVG sans donner les chances aux femmes d’éviter un acte qui est loin d’être anodin. Le projet de loi Santé sera examiné par la commission des affaires sociales le 22 juillet prochain. La suppression du délai de réflexion d’une semaine, entre les deux consultations médicales préalables, porte une grave atteinte aux droits des femmes : elle dédouane la collectivité d’apporter une réelle aide aux femmes pour prévenir l’IVG et déresponsabilise les hommes.

Selon un sondage OpinionWay pour Nordic Pharma en mars 2013, 85% des femmes déclarent avoir ressenti une souffrance au moment de l’IVG médicamenteuse, y compris une souffrance morale pour 82% d’entre elles, ou physique pour 67%. Il confirme un précèdent sondage effectué par l’IFOP en 2010 sur les femmes et l’IVG.

Pour aller plus loin, voir la note VITA : L’IVG dans le projet de loi Santé.

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