L’Institut National d’Etudes Démographiques (INED) a publié le 1er juillet 2015, dans sa revue mensuelle « Populations et  Sociétés », une enquête intitulée « Fin de vie en France » : celle-ci fait ressortir, chez la majorité des Français, un très fort désir de finir leurs jours à domicile, alors que ce souhait n’est réalisé que pour un quart d’entre eux (26 %).

Le parcours domicile-hôpital est le plus courant. Ainsi, quitter son domicile pour être hospitalisé et y décéder est vécu par 30 % des personnes en fin de vie. En revanche, seulement 14 % d’entre elles passent le dernier mois de leur existence chez elles. Plus rare, le parcours hôpital-domicile ne concerne que 2 % des personnes en fin de vie.

L’enquête a montré que les personnes qui décèdent à domicile sont plus souvent entourées de leurs proches que lorsqu’elles décèdent à l’hôpital, bien que les médecins soulignent la forte mobilisation de l’entourage familial envers leurs patients en fin de vie. Quasiment toutes les personnes maintenues à domicile ou transférées à l’hôpital (96 %) ont reçu des visites au cours de leur dernière semaine d’existence.

La raison la plus souvent évoquée, pour justifier l’hospitalisation à l’approche des derniers instants, est la complexité des soins qui rend souvent le maintien à domicile impossible.

Pour Sophie Pennec (1) , démographe à l’Ined, notre société a « tendance à médicaliser la fin de vie, ce qui rend souvent l’hospitalisation incontournable« . Elle plaide « pour un renforcement des aides au maintien à domicile, une meilleure formation des acteurs de santé et un développement d’alternatives à l’hospitalisation via de nouveaux lieux de fin de vie. »

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(1)  Egalement co-auteur avec Alain Monnier, Joëlle Gaymu, Françoise Riou, Régis Aubry, Silvia Pontone et Chantal Cases du rapport « Le dernier mois de l’existence : les lieux de fin de vie et de décès en France » en 2013.

Pour consulter l’enquête dans son intégralité, cliquer ici.

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