Close-up of a sad and depressed woman deep in though outdoors.


Dans une vidéo mise en ligne sur le site du gouvernement qui prétend informer les femmes sur l’avortement, un gynécologue obstétricien, le docteur Philippe Faucher, affirme que l’IVG n’entraine pas de séquelles psychologiques à long terme, parlant d’études sur le sujet sans les citer.

Pourtant, la Haute Autorité de la Santé (HAS), citée dans le rapport de l’IGAS sur la prévention des grossesses non désirées (2010), indiquait : «L’IVG demeure un évènement souvent difficile à vivre sur le plan psychologique. Cette dimension manque d’éclairage objectif et scientifique ». Aucune évaluation n’a été conduite depuis ce constat par les pouvoirs publics. Interrogé en 2010 sur ce manque de données par une quarantaine de députés demandant de conduire une étude épidémiologique sur les conséquences psychologiques de l’IVG, le ministère de la Santé avait répondu par une fin de non-recevoir : « La mesure de l’impact psychologique de I’IVG par le biais d’une enquête menée auprès de femmes ayant eu recours à cet acte rencontre des obstacles qui apparaissent difficiles à surmonter. »

IVG = conséquences psychologiques

Depuis des années,  des professionnels reconnus alertent sur les conséquences psychologiques qui ne doivent pas être niées, tels le professeur Nisand ou la psychanalyste Sophie Marinopoulos, spécialiste de l’IVG. Des auteurs comme le psychiatre Stéphane Clerget (Quel âge aurait-il aujourd’hui ? Le tabou des grossesses interrompues, Fayard, 2007) ou le sociologue Luc Boltanski (La condition fœtale, Gallimard, 2004) constatent également depuis longtemps que des femmes peuvent avoir des séquelles psychologiques.

Selon un sondage OpinionWay pour Nordic Pharma en mars 2013, 85% des femmes déclarent avoir ressenti une souffrance au moment de l’IVG médicamenteuse, y compris une souffrance morale pour 82% d’entre elles, ou physique pour 67%. Il confirme un précèdent sondage effectué par l’IFOP en 2010 sur les femmes et l’IVG : 83% des femmes pensent que l’IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre.

France : manque d’accompagnement post IVG

En France, l’accompagnement post IVG est très peu proposé : 16% des établissements de santé déclarent proposer systématiquement un entretien post IVG dans l’établissement et 3% en dehors. (étude de la Drees sur les établissements et professionnels réalisant des IVG).

Nier la souffrance psychologique dont de nombreuses femmes témoignent longtemps après un avortement, c’est leur faire violence. Telle est l’expérience d’Alliance VITA qui accompagne depuis une vingtaine d’années, avec son service d’écoute SOS Bébé, des femmes qui confient leur souffrance après un avortement, pour certaines des années après.

Le choix du gouvernement de donner la parole à un médecin controversé, habitué à nier l’impact psychologique de l’IVG, confirme l’état d’esprit de sa politique : une volonté de banaliser l’avortement qui contredit l’expérience, les attentes et les besoins des femmes.