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En votant un nouveau délit d’entrave à l’IVG s’appliquant spécialement à l’information sur Internet, les députés signent une grave atteinte à la liberté d’expression.

Alliance VITA, dont le service d’écoute SOS Bébé a été mentionné dans plusieurs médias, dénonce la manière dont le gouvernement censure ceux qui ne se résignent pas à la banalisation de l’avortement. Cibler certains sites internet n’est pas acceptable : informer les femmes sur d’autres possibilités que l’IVG va-t-il devenir un délit ?  La question de l’objectivité de l’information est réellement en jeu.

Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute, souligne que :

« En réalité, l’information des pouvoirs publics en matière d’IVG s’est dégradée depuis 15 ans. Ils ont renoncé à indiquer aux femmes, qui consultent en vue d’une IVG, les aides aux femmes enceintes auxquelles elles auraient droit. Le gouvernement sur son propre « site officiel » n’en fait aucune mention. De plus sur ce site, un prétendu expert affirme qu’il n’y a pas de séquelles psychologiques à long terme après un avortement. Cela va à l’encontre de notre expérience et de ce que vivent un certain nombre de femmes. Le sondage IFOP « les Français et l’IVG », publié fin septembre, révèle la sensibilité des Français sur ce sujet.  La Haute Autorité de Santé regrette le manque d’évaluation sur ce point.  L’immense majorité des femmes souhaite une véritable politique de prévention de l’IVG. Il est donc irresponsable de cacher la réalité d’un acte qui n’a rien d’anodin dans la mesure où c’est, à chaque fois, le destin de vies humaines qui est en jeu. Et nous accompagnons des femmes qui en endurent souvent des conséquences difficiles, dans la solitude. »

Tugdual Derville, délégué général :

« Ce que nous dénonçons surtout c’est la double désinformation que subissent les femmes consultant le site gouvernemental avec d’abord un slogan bien éloigné de la neutralité, « le droit à disposer de son corps »,  et ensuite le déni de toute souffrance psychologique à long terme des femmes ayant vécu une IVG. Cette tromperie doit cesser.

Au-delà du scandale que constitue, dans le contexte que nous connaissons, le fait de décider un état d’urgence législatif sur un sujet nécessitant discernement, recul et vrai débat, il est irresponsable de mettre sur la sellette notre service d’écoute. Depuis plus de 20 ans, il fait un travail de service public déserté par les pouvoirs publics. Notre site SOS Bébé a été cité à maintes reprises par les médias depuis qu’a éclaté la polémique lancée par Madame Rossignol, sans que nous ayons été appelés par ses services pour connaître les informations qui seraient en cause, ou s’intéresser à notre expérience de terrain. Nous avons demandé un rendez-vous à la ministre qui n’a toujours pas répondu. L’urgence est d’instaurer un débat dépassionné sur les conditions d’une véritable politique de prévention de l’avortement, spécialement pour les femmes confrontées à des grossesses inattendues. »

Alliance VITA a lancé le 29 novembre une campagne de sensibilisation et de prévention de l’IVG à destination des hommes en levant voile sur des malentendus qui persistent sur la sexualité, la contraception et la grossesse. Ils expliquent beaucoup des avortements subis par les femmes à contrecœur, et qui pourraient être évités : http://levonslesmalentendus.alliancevita.org/