euthanasie

Aux Pays-Bas, une pétition a déjà été signée, en une semaine, par 350 médecins qui refusent l’euthanasie pour les personnes démentes.

Voici le texte de la pétition : « Donner une injection mortelle à un patient atteint de démence avancée, sur la simple base d’une déclaration anticipée ? À quelqu’un qui n’est pas en mesure de confirmer qu’il veut mourir ? Non, nous nous y refusons. Notre réticence morale à mettre fin à la vie d’un être humain sans défense est trop grande. »

Les Pays-Bas sont le premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie en 2001. La loi néerlandaise autorise à mettre fin aux jours d’un patient atteint de démence. Au départ, ces patients devaient remplir deux conditions : établir une demande anticipée précédant leur état de démence et être encore en mesure de confirmer leur choix. Mais, en décembre 2015, le gouvernement néerlandais a souhaité assouplir ces conditions et une directive conjointe des ministères de la santé et de la justice prévoit désormais que « ces patients peuvent être aidés à mourir, même s’ils ne sont plus capables d’exprimer leur volonté » à partir du moment où ils étaient encore lucides lors du dépôt de leur déclaration anticipée.

En 2015, on a compté 5.500 cas d’euthanasie aux Pays-Bas, soit près de 4% des décès dans le pays, dont 109 cas de démence. La démence, considérée comme une « souffrance psychique » sans rémission possible, peut entrer dans le cadre de la loi.

Les cas limites ne cessent de se multiplier. Ainsi, pouvons-nous rappeler, entre autres, le cas de cette jeune femme euthanasiée en mai 2016 suite à des abus sexuels répétés, ou bien cet homme alcoolique de 41 ans qui a demandé l’euthanasie en juillet 2016 ou bien encore, plus récemment, le cas de cette femme euthanasiée contre son gré.

Le gouvernement a déposé récemment un projet de loi pour autoriser les personnes âgées, même si elles ne sont pas souffrantes, à mettre fin à leur jours avec une assistance extérieure. Les demandeurs pourraient invoquer la « notion de vie accomplie » de « vie achevée » pour pouvoir mourir, parce qu’ils sont lassés de vivre.

Vers un sursaut éthique des médecins ?

Par l’intermédiaire de cette pétition, c’est la première fois qu’une partie du monde médical se mobilise pour limiter la portée de la loi sur l’euthanasie aux Pays-Bas. Les professionnels qui ont fait entendre leur voix espèrent désormais un débat national sur le sujet.

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Pour aller plus loin : « Euthanasie et suicide assisté : les dérives à l’étranger »