Violences faites aux enfants

Le jeudi 7 septembre 2017, le Centre Hubertine Auclert* a remis, au Conseil régional d’Ile de France, un rapport intitulé « Mieux protéger et accompagner les enfants co-victimes de violences conjugales », alors que le ministère de l’Intérieur, avait indiqué, quelques jours auparavant, qu’en 2016, 25 enfants étaient morts dans le cadre de violences conjugales.

Le rapport part d’un constat de l’INSEE, qu’il estime largement sous-estimé : « En France, en moyenne, 143 000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré des formes de violences sexuelles et/ou physiques au sein de son couple, dont les deux tiers assistent à des violences répétées ; 42 % ont moins de 6 ans. »

Le syndrome du bébé secoué vient aussi régulièrement défrayer la chronique. Ainsi, chaque année 200 bébés seraient victimes de cette forme de maltraitance.

On observe une certaine réticence à dénoncer les violences sur les enfants. En effet, les gens vont en général intervenir s’ils voient une femme se faire battre dans la rue ; s’il s’agit d’un enfant, en revanche, ils ont tendance à dire que cela concerne la sphère familiale. « Les gens ne se sentent pas collectivement responsables » indique Anne Larcher, Directrice du CFPE-Enfants Disparus qui gère le centre d’appel d’urgence « 116 000 ».

C’est donc dans l’espoir de briser ce silence et ces réticences « à se mêler des affaires des autres » que Laurence Rossignol, ancienne ministre du président Hollande, avait présenté, le 1er mars dernier, un plan interministériel de lutte contre les violences faites aux enfants avec ce slogan « Enfant en danger : dans le doute agissez ! »

Les principales thématiques qui sont abordées dans ce rapport régional sont les suivantes :

  • Mieux prendre en compte le contexte des violences conjugales dans le cadre de la protection de l’enfance.
  • Renforcer la protection des enfants dans les décisions de justice en matière d’autorité parentale dans le contexte des violences conjugales.
  • Reconnaître, dans le droit pénal, l’enfant en tant que victime de violences psychologiques lorsqu’il est exposé aux violences conjugales.
  • Renforcer les dispositifs d’accompagnement et de soins spécialisés des enfants co-victimes.

Les violences conjugales ne sont, heureusement, pas toujours fatales, mais elles peuvent avoir des répercussions importantes sur la santé des enfants, sur leur comportement et leur développement ; sans compter le risque qu’ils reproduisent, à l’âge adulte, les violences dont ils ont été témoins dans leur enfance.
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*  Centre francilien de l’égalité femmes-hommes, organisme créé en 2009 par le Conseil régional Ile-de-France