EHPAD

Dans le contexte de crise dans les EHPAD marqué par différents mouvements sociaux et des rapports alarmants, le ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté, le 30 mai dernier, sa feuille de route pour les personnes âgées en clôture d’une journée de travail menée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et l’Assemblée des départements de France.

En France, 1,5 million de personnes avaient plus de 85 ans en 2017 mais elles seront 4,8 millions en 2050. Se basant sur ces chiffres, la ministre a énoncé un certain nombre de mesures d’urgence visant à améliorer la qualité de vie des personnes âgées et prévenir la perte de l’autonomie.

Parmi celles-ci, des mesures visant à faire de la prévention une priorité, à domicile comme en établissement. Ainsi, 15 millions d’euros en 2018, puis 30 millions à partir de 2019, seront affectés à un plan de prévention en EHPAD piloté par les agences régionales de santé. La Haute Autorité de Santé (HAS) est chargée de conduire des enquêtes de satisfaction dans les EHPAD pour mieux définir les actions prioritaires à mener.

Des mesures seront également mises en place pour répondre aux besoins croissants de soins médicaux.

  • Les EHPAD recevront, de 2019 à 2021, 360 millions d’euros pour recruter du personnel soignant.
  • Dans un souci de réduire les hospitalisations en urgence évitables et sécuriser les prises en charge de nuit, 36 millions d’euros seront dédiés à la généralisation de présence d’infirmiers la nuit d’ici à 2020.
  • Sur la période 2018-2022, l’accès à la télémédecine sera généralisé en EHPAD (40 millions d’euros).
  • 1 000 places d’hébergement temporaire en EHPAD vont être créées à destination des personnes sortant d’une hospitalisation et favoriser leur retour à domicile (15 millions d’euros dès 2019 financés par l’assurance maladie).
  • L’accompagnement à la rénovation des EHPAD (plan de soutien à l’investissement en EHPAD d’au moins 100 millions d’euros par an à partir de 2019)
  • Le renforcement du nombre et des effectifs mobiles de gériatrie (16 millions d’euros d’ici à 2020).

D’autres types de mesures sont développés pour favoriser le maintien à domicile en adaptant les lieux de vie et en proposant un plan de soutien aux aidants ou encore pour soutenir les professionnels et améliorer leur qualité de vie au travail.

Si l’effort financier est significatif, les premières mesures annoncées ne répondent que partiellement au défi du vieillissement qui s’annonce, estiment différents acteurs du secteur. De son côté, la FNADEPA pointe le manque d’engagement sur le renforcement de moyens humains, la fidélisation des professionnels et la revalorisation des métiers. Si l’une des mesures les plus attendues va augmenter le nombre de soignants auprès des résidents, le budget ne permettra pas d’atteindre le ratio de 60 soignants pour 100 résidents préconisé par le rapport des députés Monique Iborra et Caroline Fiat sur la situation dans les EHPAD (mars 2018).

Au-delà de ces annonces présentées comme une première étape, la ministre des Solidarités et de la Santé a déclaré vouloir lancer un débat national associant l’ensemble des acteurs et des citoyens pour réfléchir sur l’adaptation de la société au vieillissement et le financement de la prise en charge de la dépendance. En termes de calendrier, il s’agit d’aboutir à des propositions pour le début de l’année 2019. Insistant sur la nécessité de ne pas en rester à un débat d’ordre purement budgétaire, la ministre fait état de trois blocs de réflexion :

  • Quelles sont nos priorités, le socle de biens et de services qui doivent être à l’avenir accessibles à toutes les personnes âgées pour accompagner le vieillissement et la perte d’autonomie ?
  • Quels sont les scénarios de répartition des contributions de chaque acteur pour assurer un financement pérenne et solidaire de la perte d’autonomie ?
  • Comment faire évoluer la gouvernance nationale et territoriale des politiques publiques du vieillissement et de la perte d’autonomie ?