Dons de sperme aux Pays-Bas : quand le cadre ne tient pas

PMA
24/04/2025

Dons de sperme aux Pays bas : quand le cadre ne tient pas

Aux Pays-Bas, des révélations sur des abus dans les dons de sperme soulignent à quel point il est utopique de penser que les cadres qui entourent ces pratiques puissent tenir et être respectés. Le journal britannique The Guardian a publié la semaine dernière de nouvelles informations en parlant de « calamité médicale ». Au moins 85 donneurs seraient les pères biologiques de 25 enfants ou plus. Certains auraient entre 50 et 75 enfants !

Le scandale des « donneurs en masse »

L’Organisation nationale de gynécologie et obstétrique a présenté ses excuses. En effet, des cliniques spécialisées sont impliquées dans ces graves dérives : utilisation volontaire de sperme du même donneur plus de 25 fois, échange de sperme entre cliniques sans prévenir le donneur ou sans suivi administratif approprié.
La loi néerlandaise définissait un plafond de 25 enfants par donneur. Mais ce plafond, abaissé à 12 en 2018, n’a pas été respecté. C’est la mise en place cette année d’un registre national des donneurs et des mères afin de mieux suivre le respect de la limite qui a mis en évidence l’existence de ce scandale des « donneurs en masse ».
Parmi eux, on recense même une dizaine de gynécologues qui auraient utilisé leur propre sperme. Ainsi, le docteur Jan Karbaat, un médecin gérant une clinique de fertilité, aurait illégalement engendré au moins 81 enfants.

Le difficile encadrement de la pratique du don de sperme

Aux Pays-Bas, un petit pays densément peuplé, le sujet est très sensible. Les risques vont de la rencontre amoureuse entre demi-frère et sœur qui s’ignorent, à l’inceste involontaire… Les enfants nés de ces pratiques devront donc faire face à des problématiques génératrices de stress comme celle de demander des tests génétiques aux personnes qu’ils fréquentent.
Le cas, proprement délirant, de Jonathan Meijer, surnommé l’homme aux mille enfants, avait choqué les Pays-Bas. Netflix en avait fait un documentaire l’an dernier. Les révélations récentes sur d’autres cas de « donneurs en série » soulignent la difficulté d’encadrer la pratique du don de sperme, même quand un cadre légal est posé.

En France, une enquête de France Info publiée en décembre 2021 faisait état de situations où des gynécologues, dans les années 70 et 80, auraient utilisé également leur propre sperme pour des inséminations. La vice-présidente de l’association PMAnonymes avait parlé à l’époque de « scandale sanitaire qui débute ».

L’absence de respect des limites par certains donneurs ou par la chaîne médicale n’est pas seule en cause. En dissociant la responsabilité paternelle de la procréation biologique, la procédure d’assistance médicale à la procréation ouvre inévitablement la porte à ces risques de dérives.

 

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