Les 10 pièges de la loi fin de vie

16/05/2025

Les 10 pièges de la loi fin de vie

Alliance VITA a décrypté les 10 pièges inclus dans la loi qui entend légaliser, derrière le masque dissimulateur d’une prétendue « aide à mourir » l’euthanasie et le suicide assisté. 

1 – Le piège des mots « aide à mourir » 

Le texte de loi s’abstient délibérément d’utiliser les mots euthanasie et suicide assisté. Son auteur explique qu’ils sont trop mal connotés, et des promoteurs du texte vont jusqu’à prétendre qu’il ne s’agit ni d’euthanasie, ni de suicide. C’est pourtant la réalité. Il faut appeler un chat un chat. C’est une question de vérité, de clarté et même de démocratie. L’expression « aide à mourir » pourrait tout aussi bien désigner les soins palliatifs, qui, en effet, aident à mourir, mais sans tuer. Les mots qu’on nous impose ne visent pas seulement à dissimuler la réalité, ils la déguisent en acte altruiste pour l’enjoliver.

2 – Le piège d’une prétendue liberté

Le texte de loi prétend ouvrir un droit, sans l’imposer à personne. Mais quel est le sens d’une liberté de demander la mort quand on est isolé, démuni, mal soigné ou sans accès aux soins ? Dès le diagnostic d’une maladie à pronostic vital engagé, les patients qui n’ont rien demandé se retrouvent éligibles à la mort administrée. Une question s’impose : « Ai-je encore ma place dans la société ? » Des personnes âgées, handicapées, souffrant d’affections chroniques sont fragilisées. Leurs proches et leurs soignants aussi. L’incitation à l’auto-exclusion, glisse insidieusement du droit à un devoir moral de mourir « librement ».

3 – Le piège du « pronostic vital engagé »

Le texte de loi ne prévoit pas que le patient doive être en fin de vie : il faut qu’il ait une maladie « à un stade avancé » avec un « pronostic vital engagé ». Or, l’interprétation de ces formules est très subjective. Interrogée sur le sens de l’expression pronostic vital engagé, la Haute Autorité de santé le reconnaît : le moment de la mort et l’issue de la maladie gardent leur part d’incertitude. A cause d’une prédiction non fiable, des patients dont la maladie ne conduit pas forcément à la mort risquent de se voir privés, par peur ou désespérance, d’un temps de vie dont on ne peut pas prédire la nature avec certitude.  

4 – Le piège des « souffrances insupportables »

Le texte de loi affirme que le patient doit « présenter une souffrance psychique ou psychologique liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsqu’elle a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement ». Derrière ces mots, il faut comprendre qu’il suffit qu’un patient refusant tout traitement ou accompagnement dise « ma souffrance psychologique est insupportable » pour qu’il obtienne la mort, même s’il n’éprouve aucune douleur physique. Ce critère, aussi incontestable qu’invérifiable, ouvre grand la porte à l’euthanasie et au suicide assisté.

5 – Le piège d’une fausse collégialité

Le texte de loi exige du praticien sollicité pour valider l’euthanasie ou le suicide assisté qu’il consulte un confrère – qui n’aurait même pas besoin de rencontrer ce patient ! – et un autre soignant, auxiliaire médical ou aide-soignant, qui le connaît. Mais le premier médecin ne serait en rien obligé de tenir compte de ces deux avis. Il déciderait tout seul. Vous parlez d’une collégialité ! Quant aux proches du patient : ni consultés, ni prévenus ! Au nom de l’autonomie, on fait comme s’ils n’étaient pas concernés. N’est-il pas contradictoire d’exalter un « droit du patient » qui donne le pouvoir de trancher à un seul médecin ? 

6 – Le piège d’une procédure expéditive

Le texte de loi prévoit que le médecin sollicité pour autoriser l’euthanasie ou le suicide réponde dans les quinze jours, puis que le patient ait un délai de réflexion de deux jours. Un patient pourrait donc être euthanasié en peu de temps. Il est prévu que les médecins pratiquant l’euthanasie se déclarent à la commission de contrôle. Une telle liste fait craindre des filières et des pratiques expéditives, d’autant que les proches n’ont aucun droit de recours. Certains découvriraient la mort de leur proche après coup. 

7 – Le piège d’une clause de conscience limitée

Le texte de loi instaure une clause de conscience pour les soignants, mais tous seraient forcés, sous peine de lourdes sanctions, d’informer leurs patients sur la prétendue « aide à mourir », de ne pas tenter de les en dissuader, et de les orienter vers un médecin pratiquant l’euthanasie. La conscience des pharmaciens est carrément piétinée : au cœur du dispositif de diffusion des produits létaux, ils n’ont aucune possibilité légale de refuser de les diffuser. Les établissements de santé ou médico-sociaux sont forcés d’ouvrir leurs portes à l’euthanasie sans pouvoir en protéger leurs résidents. Quelle brutalité pour tous !

8 – Le piège de la censure des opposants

Le texte de loi punit d’un an de prison ceux qui s’opposeraient à une euthanasie ou à un suicide assisté (deux mots soigneusement évités), même à distance via Internet. Associations, proches et soignants semblent visés pêle-mêle. En cas de recours, seules les associations dédiées au « droit des personnes à accéder à l’aide à mourir » pourraient se porter partie civile ! Mais c’est deux poids deux mesures : l’incitation au suicide assisté ou à l’euthanasie ne serait aucunement réprimée. Information verrouillée par les pro « aide à mourir », contestation punie, opposition muselée… Et pourquoi pas un ministère de la Vérité ?

9 – Le piège d’un contrôle illusoire 

Le texte de loi prévoit un système de contrôle a posteriori, après la mort de la personne, quand il est trop tard, et qu’on ne peut plus faire de vérification médicale. Qui contestera la parole de celui qui aura validé cette mort ? L’exemple des pays étrangers est éloquent : le professeur Theo Boer, ancien membre de la commission de contrôle des Pays-Bas, a changé d’avis sur la loi d’euthanasie de son pays ; Il a tenu à prévenir les Français : une fois légalisés, euthanasie et suicide assistés sont incontrôlables.

10 – Le piège de la facilité 

Le texte de loi pour l’euthanasie est débattu en même temps qu’un autre texte qui vise à renforcer l’accès aux soins palliatifs. Mais ce nécessaire soutien aux soins palliatifs ne doit pas servir d’alibi à l’abandon de l’interdit de tuer. Soins palliatifs et euthanasie sont incompatibles. Alors que faire mourir est expéditif et peu coûteux, les soins palliatifs respectent l’imprévisibilité de la mort et exigent du temps, de la présence. La moitié des patients en ayant besoin n’y ont toujours pas accès. Gare à la facilité ! Le risque est de pousser les plus fragiles vers la mort administrée par défaut de soins appropriés.

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