Euthanasie : une offensive médiatique en décalage avec les priorités des Français

18/09/2025

Euthanasie : une offensive médiatique en décalage avec les priorités des Français

Face à l’incertitude politique, les partisans de la légalisation de l’euthanasie mènent une offensive médiatique à rebours des priorités des Français.

La démission de François Bayrou suivie de la nomination de Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre a provoqué une période d’incertitude politique qui pourrait bouleverser le calendrier législatif. Les propositions de loi sur la fin de vie adoptées en première lecture à l’Assemblée nationale le 27 mai dernier doivent en principe être discutées au Sénat à partir du 7 octobre. Leur examen en commission des affaires sociales doit même débuter le 24 septembre.

Des pressions pour le maintien du calendrier législatif

Dans l’attente de la formation d’un nouveau gouvernement, les voix favorables à l’aide à mourir se font entendre, répétant un exercice bien rôdé depuis un an et l’arrêt du processus législatif provoqué alors par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. C’est ainsi que le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) pour qui « c’est une nouvelle désillusion » y va de tous ses arguments : de celui des patients soi-disant victimes pris en « otage des stratégies politiques qui fait qu’on discute de sujets depuis 40 ans, et qu’on n’arrive toujours pas à le voter », à celui du prétendu retard de la France par rapport à ses voisins européens (pour rappel dans 7 pays seulement sur les 27 de l’Union européenne, le suicide assisté et ou l’euthanasie sont possibles) en passant par l’allusion aux départs vers la Belgique « car nos soins palliatifs ne sont pas suffisants en quantité et en qualité ». La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet dont on connait l’engagement sur ce sujet, a, à son tour, déclaré qu’elle entendait que le calendrier prévu soit tenu. Elle a aussi précisé et indiqué qu’elle avait demandé au Premier ministre et au président du Sénat de ne pas le modifier ajoutant qu’elle ne supporterait pas un troisième report. Le député de Charente-Maritime et rapporteur général de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir, Olivier Falorni, lui a emboité le pas en prévenant qu’« Il serait inadmissible qu’il y ait à nouveau un report. Ce serait scandaleux et rien ne le justifie aujourd’hui ».

Offensive sur les fronts judicaire et littéraire

Outre ces réactions opposées à un éventuel report du calendrier législatif, l’offensive en faveur de l’euthanasie a lieu autant devant la justice que dans les librairies.

Lundi 15 septembre, s’est ouvert le procès de 12 militants, 11 de l’association Ultime liberté et un de l’association Le Choix, poursuivis pour « complicité d’importation illicite de substances, plantes, préparations ou médicaments », « détention illicite de substances », « complicité d’acquisition illicite de substances », « complicité d’importation en contrebande de marchandises dangereuses pour la santé publique ». Ce procès, les prévenus veulent en faire une tribune dans le cadre du débat sur la fin de vie. Face à la position d’Ultime Liberté qui défend « le droit au suicide assisté pour chacun, même si l’on n’a pas de maladie incurable », Olivier Falorni plaide en faveur du prétendu « cadre » de sa proposition de loi. Selon lui, ces pratiques clandestines justifient d’autant plus la légalisation de l’euthanasie. En Belgique, la légalisation de l’euthanasie n’a pourtant pas supprimé les euthanasies clandestines : les études scientifiques estimant qu’environ 25 à 35% d’euthanasies y sont non déclarées.

La publication, le 10 septembre 2025, d’un livre présenté comme le témoignage d’un médecin réanimateur et en réalité plus proche du plaidoyer pro euthanasie vient alimenter cette séquence de promotion médiatique tous azimuts pour lever l’interdit de tuer. Le Dr Denis Peillon prétend même que la proposition de loi sur l’aide à mourir ne va pas assez loin. De quoi donner du crédit à ceux qui vantent l’équilibre et le cadre strict du texte porté par Olivier Falorni mais aussi à ceux qui craignent les prochaines étapes pour élargir la mort administrée.

L’urgence pour les Français : s’occuper du système de santé

Malgré l’absence de gouvernement et l’incertitude politique, les partisans de l’euthanasie prétendent que rien ne justifie de modifier la calendrier législatif. Ce faisant ils nient les urgences sociales et budgétaires que le prochain gouvernement devra affronter. D’ailleurs les Français ne s’y trompent pas puisque dans un sondage Toluna Harris Interactive réalisé à la suite de la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, les Français identifient trois sujets comme prioritaires pour le prochain gouvernement : le pouvoir d’achat, le système social (santé, retraite…) et la sécurité. La fin de vie n’arrive qu’en 15ème position : seules 8% des personnes interrogées considèrent que c’est une priorité. Etude après étude, les Français confirment qu’ils sont préoccupés par l’état du système de santé dont ils subissent les dysfonctionnements au quotidien. En novembre 2024 la campagne « J’attends des soins, pas l’euthanasie », d’Alliance VITA a recueilli des milliers témoignages qui montrent les difficultés croissantes d’accès aux soins et l’inquiétude qui en découle. Certains renoncent à se soigner, d’autres attendent des mois pour un rendez-vous. Ces fractures alimentent le sentiment d’abandon et minent la cohésion nationale. Répondre à l’urgence sanitaire, c’est aussi réparer le lien social. Dans ce contexte, créer un guichet d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie est non seulement déraisonnable mais aussi et surtout injuste.

Les sénateurs vont être appelés à faire un choix de société. Soit entériner une loi qui instaurerait un droit à mourir, fragilisant les plus vulnérables, soit assumer la responsabilité politique de répondre aux attentes des Français : « besoin de soin, pas d’euthanasie ». Ils seraient bien avisés de s’appuyer sur le Conseil d’Etat qui dans une étude de 2018 considérait que « L’accès à des soins palliatifs de qualité constitue […] un préalable nécessaire à toute réflexion éthique aboutie sur la question de la fin de vie ». Refuser l’euthanasie, ce n’est pas nier la souffrance, mais s’engager à y répondre dignement, par des moyens humains, médicaux et solidaires.

 

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