L’association internationale pour la prévention du suicide alerte sur le suicide assisté
L’association internationale pour la prévention du suicide (IASP) a publié une position officielle sur le suicide assisté ; elle alerte sur le risque majeur de chevauchement entre les législations relatives au suicide assisté et les politiques de prévention du suicide.
L’IASP a pour objectif de mettre collectivement à profit les expertises et les connaissances afin de promouvoir une prévention efficace du suicide à travers le monde.
L’association internationale considère que même face à des situations perçues comme irrémédiables, des réponses thérapeutiques, sociales, psychologiques et palliatives demeurent possibles et doivent être systématiquement proposées. La mort ne peut en aucun cas constituer une réponse qui se substitue aux soins, à un accompagnement ou à un soutien insuffisant.
L’IASP appelle les États qui envisagent de légaliser ou d’étendre le suicide assisté et l’euthanasie à :
- intégrer pleinement l’expertise de la prévention du suicide dans leurs processus décisionnels ;
- garantir un accès universel à des évaluations et interventions de prévention du suicide de haute qualité, indépendamment de l’éligibilité aux dispositifs d’aide à mourir ;
- assurer une égalité de prise en charge pour toute personne exprimant un désir de mourir, sans jamais considérer qu’une vie puisse être jugée « indigne d’être vécue ».
L’IASP insiste sur la nécessité d’une formation croisée entre les professionnels de la prévention du suicide, des soins palliatifs, des soins de fin de vie et de l’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques, terminales ou en situation de handicap.
Enfin, l’IASP s’oppose fermement à l’accès au suicide assisté et à l’euthanasie pour les personnes dont la souffrance est exclusivement liée à une maladie mentale, en raison de l’impossibilité scientifique actuelle de prédire de manière fiable l’évolution et le pronostic de ces troubles.
L’objectif de toute loi relative à la fin de vie ne devrait jamais affaiblir la prévention du suicide, ni normaliser la mort comme réponse à la souffrance humaine.
L’association Ultime liberté condamnée pour trafic de substances létales
Cette prise de position intervient alors que le tribunal correctionnel de Paris a condamné le vendredi 9 janvier 2026, douze militants de l’association Ultime liberté, qui réclame la « légalisation du suicide assisté ». Ils ont été condamnés pour des délits relevant de la législation sur le trafic de substances illicites, en ayant soutenu, entre 2018 et 2020, des dizaines de personnes à importer du pentobarbital, un puissant barbiturique afin de se tuer.
Le Tribunal s’est inquiété de l' »extrémisme » de certains des militants prônant une « liberté sans limite » de mettre fin à ses jours. Dans son jugement, il a relevé que les militants « s’arrogent le droit de décider ou non de donner l’accès au produit létal, en ne disposant que de leur expérience personnelle et de leur parcours de vie ». Un basculement s’est opéré du militantisme vers un « amateurisme », qu’on peut qualifier de fatal.
Enfin, le Sénat français va examiner la proposition de loi relative à l’ « assistance médicale à mourir » par suicide assisté et euthanasie à partir du 20 janvier 2025. Alliance VITA ainsi que des associations de prévention du suicide et de psychiatres ont tiré la sonnette d’alarme pour dénoncer le danger de cette loi : la prévention du suicide ne souffre aucune exception.
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