Lutte contre le cancer : les patients ont besoin d'écoute

28/03/2025

Lutte contre le cancer : les patients ont besoin d’écoute

 

Dans la lutte contre le cancer, le besoin d’écoute des patients ne doit pas être occulté par les besoins de traitements adaptés et disponibles.

 

Des initiatives en mars contre le cancer

La mobilisation contre le cancer s’illustre en mars par plusieurs initiatives. La ligue contre le cancer annonce un « mars bleu » dans une campagne très directe, afin de sensibiliser le grand public au dépistage du cancer colorectal. Cette campagne reçoit l‘appui de l’Assurance maladie.

Celle-ci rappelle que le « deuxième cancer le plus mortel en France, entraine plus de 17 000 décès annuels. Ce cancer est le plus fréquent chez les hommes après celui de la prostate et du poumon et le deuxième chez les femmes, après le cancer du sein. Plus de 47 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année« . Pourtant, « lorsqu’il est détecté à un stade précoce, les chances d’en guérir sont de l’ordre de 95 % à 5 ans« .

De son côté, l’institut Curie mène sa campagne annuelle « une jonquille contre le cancer« . Avec cette fleur emblématique de l’arrivée du printemps, l’Institut entend mobiliser le public dans sa lutte contre le cancer.

 

Le besoin d’écoute des patients doit être entendu !

L’annonce d’un cancer, ou d’autres maladies graves, est source de questions, et peut être traumatisante.

Selon l’Institut National du cancer, l’annonce « constitue un choc psychologique important au cours duquel les émotions se bousculent. Il s’agit d’un moment particulièrement angoissant, séparant la vie en un « avant » et un « après » ».

Depuis le premier plan de lutte contre le cancer (2003-2007) un dispositif d’annonce s’est mis en place. Son objectif est de  » permettre au patient de bénéficier des meilleures conditions d’information, d’écoute et de soutien. Il constitue l’une des conditions de qualité auxquelles les établissements de santé se doivent de satisfaire afin d’être autorisés à traiter le cancer« . Plus précisément :

« Plusieurs temps de consultations, réalisés par des professionnels de santé, sont prévus pour vous accompagner lors de l’annonce de votre cancer. » Selon l’Institut « il constitue l’une des conditions de qualité auxquelles les établissements de santé se doivent de satisfaire afin d’être autorisés à traiter le cancer. »

Ce dispositif est structuré en plusieurs étapes, et inclut en principe des temps de soutien et d’accompagnement, ainsi qu’une évaluation des besoins en soins de support.

Ce dispositif intègre donc le besoin pour le patient – et ses proches – d’être écouté, de prendre le temps de mieux comprendre les informations médicales, d’intégrer ces informations…

Comme le dit Olivier Trédan, cancérologue et médecin référent pour le service Thadeo, lors de l’annonce ce sont deux humanités qui vont interagir et nouer une alliance thérapeutique.

« Ce partenariat vise à échanger, à nommer et donc à vivre ensemble les phases successives de rémission et de progression de la maladie. Cet accompagnement pleinement humain veillera à faire apprécier chaque instant même si la vie est en péril. »

Pourtant, dans la situation actuelle du système de santé, la réalité semble éloignée de ces objectifs.

 

A l’occasion de la récente journée mondiale contre le cancer, le Président de la ligue contre le Cancer, le docteur Philippe Bergerot, a publié un manifeste soulignant les carences dans la prise en charge actuelle.

Sous le titre « Garantir que chaque personne malade puisse bénéficier d’une consultation d’annonce spécifique, empathique et accompagnée« , le manifeste indique que « seules 2/3 des personnes malades ont reçu une consultation spécifique pour l’annonce de leur diagnostic« . Par ailleurs « 42 % ont déclaré que cela avait duré moins de 15 minutes« . Comment penser qu’en 15 minutes d’échange, le choc de l’annonce pourra être amorti ?

 

L’écoute de la personne passe avant les procédures

Dans ce contexte, il est préoccupant de voir que la proposition de loi Falorni, légalisant le recours à l’euthanasie et le suicide assisté, comporte une information sur la possibilité de rédiger des Directives Anticipées.

L’article 14 du texte précise que « Lors de l’élaboration et des révisions du plan personnalisé d’accompagnement, le médecin ou un professionnel de santé de l’équipe de soins informe le patient de la possibilité de rédiger ou d’actualiser ses directives anticipées et de désigner une personne de confiance dans les conditions prévues à l’article L. 1111‑6. » Face à l’annonce d’une maladie grave, est-il opportun de proposer au patient de désigner une personne de confiance et de rédiger ou modifier ses directives anticipées en prévision de sa fin de vie ? Cela peut au contraire constituer une forme de violence.

L’urgence est à l’accès aux soins et à l’écoute des patients. Les chiffres présentés par la Ligue contre le cancer indiquent des carences dans la prise en charge du temps d’annonce aux patients. Les difficultés du système de santé qui pèsent sur les soignants comme sur les patients sont la priorité que le gouvernement et le Parlement devraient adresser cette année.

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