PPL « aide à mourir » : non-assistance à patients en danger

24/05/2025

PPL « aide à mourir » : non-assistance à patients en danger

Les députés ont adopté l’ensemble des articles légalisant le suicide assisté et à l’euthanasie sous la formule trompeuse d’ « aide à mourir ». Certes, la mention orwellienne « réputé mort de mort naturelle » a été écartée mais la connotation positive de la formule « aide à mourir » a un caractère incitatif, militant et dissimulateur.

Pourtant – chaque sondage le confirme – la véritable attente des Français porte sur un accès équitable aux soins. Pour Alliance VITA, les mesures adoptées mettent en danger les personnes fragilisées par la maladie dont le besoin véritable est d’être correctement soulagées et accompagnées en ayant accès à des soins appropriés.

Aussi flous qu’invérifiables, d’autant que le contrôle se fera après la mort de la personne, les critères d’accès à cette prétendue « aide à mourir » ouvrent grand la porte à l’euthanasie et au suicide assisté pour des dizaines de milliers de patients qui ne sont pas en fin de vie. La procédure qu’on prétend « collégiale » donne en réalité tout pouvoir de décision à un seul médecin et s’avère expéditive : un patient pourrait être euthanasié en peu de temps. Quant à la clause de conscience prévue pour les professionnels de santé, elle est limitée puisque ces derniers devraient informer leurs patients sur la prétendue « aide à mourir », ne pas tenter de les en dissuader, et les réorienter vers un autre médecin le cas échéant. Par ailleurs, les pharmaciens et les établissements de santé en seraient privés.  

Le texte instaure enfin un délit d’entrave ce qui ferait de la France, le seul pays à punir de deux ans de prison ceux qui s’opposeraient à une euthanasie ou à un suicide assisté soit en tentant de dissuader ou en dissuadant une personne. Seraient ainsi visés pêle-mêle soignants, proches et associations. En réalité, c’est la politique de prévention du suicide qui serait gravement pénalisée.

L’injustice est flagrante : en refusant de réprimer l’incitation au suicide assisté et à l’euthanasie, les députés font le choix du deux poids deux mesures. Pour les spécialistes de la santé mentale, cause nationale 2025, cette loi constitue à la fois un contre signal pour les politiques de prévention de suicide et une menace pour tous ceux qui œuvrent au quotidien auprès des personnes fragilisées par la maladie psychiatrique et la désespérance.

Dans un contexte de dégradation du système de santé, le risque est de pousser les plus fragiles vers la mort administrée par défaut de soins appropriés.

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