Belgique : l’euthanasie d’une jeune femme de 26 ans pour dépression choque
L’euthanasie annoncée et médiatisée de Siska, jeune femme de 26 ans, interpelle sur les interprétations de la loi belge sur l’euthanasie et sur la prise en charge en psychiatrie de patients atteints de troubles dépressifs profonds.
Siska De Ruysscher a connu un parcours complexe et douloureux depuis 12 ans et sa première tentative de suicide à l’âge de 14 ans. Sa fragilité semble remonter à son enfance durant laquelle elle témoigne avoir subi des harcèlements dès la maternelle. Depuis elle dit avoir tenté de se suicider une quarantaine de fois.
Le 3 octobre dernier elle publiait une lettre ouverte sur Instagram, reprise dans le média flamand De Morgen, dans laquelle elle dénonce les défaillances du système belge de psychiatrie. Publiée en flamand, elle a été traduite en français par l’association québécoise Vivre dans la Dignité qui alerte sur les dangers de l’élargissement de la loi canadienne sur l’euthanasie aux personnes atteintes de troubles mentaux. Cette disposition n’est à ce jour pas entrée en application à cause des difficultés à faire cohabiter euthanasie pour troubles mentaux et prévention du suicide.
Son récit est terrible, décrivant un parcours chaotique sans prise en charge globale. En témoignant, elle espérait sensibiliser à la santé mentale et aux problèmes psychologiques. Au quotidien Het Laatste Nieuws, elle confiait : « Je raconte mon histoire parce que je pense que beaucoup de choses doivent changer dans le système de soins : les procédures, les listes d’attente, les remboursements, les hospitalisations forcées. Je suis le produit d’un système défaillant ».
Participant à une émission durant laquelle Sika De Ruysscher témoignait de son parcours et de sa souffrance de ne pas trouver la prise en charge adéquate, la psychiatre Kirsten Catthoor, présidente de l’Association flamande de psychiatrie, avoue qu’elle est frustrée qu’on en arrive à cette terrible situation. Elle se dit déterminée à faire évoluer le système et les soins en santé mentale.
Cependant nulle voix ne semble s’être levée pour offrir un parcours adapté à cette femme et pour tenter de stopper son euthanasie. C’est sans doute ce qui est le plus glaçant dans cette médiatisation, comme l’est aussi l’enfermement que provoque une pré-annonce d’euthanasie considérée comme inéluctable.
Ce drame rappelle l’histoire de Shanti de Corte, une jeune femme de 23 ans victime d’un syndrome post-traumatique à la suite de l’attentat de l’aéroport Zaventem à Bruxelles et déjà atteinte des troubles psychologiques, qui a été euthanasiée en 2022. Un expert neurologue, Paul Deltenre, intervenu dans le dossier, avait pourtant estimé que des propositions de soin avait été faites et que l’euthanasie n’aurait pas dû avoir lieu.
Alors que certains font un lobbying intense en France pour faire voter une loi sur l’euthanasie, Alliance VITA rappelle que l’urgence est plus que jamais d’améliorer les soins, pas de répondre à la souffrance par l’euthanasie.
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