Solidaires des plus fragiles : la boussole d’Alliance VITA

19/12/2025

Solidaires des plus fragiles : la boussole d’Alliance VITA

 

A l’occasion de la Journée internationale de la solidarité humaine du 20 décembre 2025, Alliance VITA fait le point sur la devise qu’elle a choisie pour définir et orienter son action et faire en sorte que la solidarité soit vraiment pour tous, sans exclure ceux qui en ont un besoin vital.

La devise d’Alliance VITA repose sur deux convictions qui peuvent être partagées par tous.

La première, c’est que les êtres humains sont interdépendants. Cela ne contredit ni leur besoin de liberté, ni leur aspiration à l’autonomie. N’est-ce pas cette interdépendance qui justifie la fondation et le développement des sociétés humaines, à partir des familles, des clans et des tribus ? Vivre ensemble, à proximité les uns des autres, reliés, en relation, c’est une question de survie, par seulement d’épanouissement.

La prégnance de la technologie ne fait qu’accentuer ce constat. Plus les sociétés sont sophistiquées, plus les êtres humains se spécialisent, plus nous avons besoin des autres. Pour consommer un verre d’eau – produit vital s’il en est – il faut désormais faire confiance à une série de spécialistes qui garantissent la production et l’acheminement jusqu’à chacun d’une eau potable.

A fortiori les systèmes sophistiqués de santé, de protection sociale, d’échanges marchands etc. ne sont sains que s’ils sont fondés sur les relations de confiance. Une société digne de ce nom s’apparente donc à une chaîne de solidarité où chacun a sa place unique, et joue son rôle. Et où personne ne peut se prétendre invulnérable.

 

La solidarité, critère d’humanité

C’est là que vient s’insérer une seconde conviction : la place faite au plus fragile détermine largement le degré d’humanité d’une société. Elle vient d’un autre constat : quel est le maillon qui détermine la solidité d’une chaîne ? Réponse évidente : le plus fragile. Une chaîne rompt naturellement par son maillon le moins résistant.

D’où son caractère précieux pour tous. La protection du maillon le plus faible, l’attention dont il est l’objet, les soins dont il doit bénéficier, sont de l’intérêt de tous. La rupture du maillon faible est un signal d’alerte, car elle met en danger toute la société. Les chercheurs ont découvert que les sociétés humaines les plus primitives savaient prendre soin de leurs membres fragiles. A l’image de l’archéo-anthropologue Valérie Delattre :

« Plus on [remonte] dans la profondeur du temps, plus c’est stupéfiant de voir comment les groupes et les communautés ont pu gérer des personnes vulnérables, fragiles ou très lourdement handicapées ».

Aujourd’hui, plus encore qu’hier, la légitimité des lois tient à leur rôle protecteur des plus faibles contre la toute-puissance des plus forts, selon la célèbre formule de Lacordaire :

« Entre le fort et le faible, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Alliance VITA défend l’éminente dignité de toute vie humaine, reconnue par la Déclaration universelle des droits de l’homme ; elle conteste toute dévaluation d’une vie humaine, qui serait alléguée en raison de sa fragilité (immaturité ou grand-âge, santé défaillante, dépendance et handicaps…). La vulnérabilité est en réalité une valeur d’humanité, un propre de l’homme qui appelle la solidarité.

 

Considérer les plus fragiles

C’est de ce constat étayé qu’Alliance VITA a tiré sa devise : solidaires des plus fragiles. Reste à « voir » et à considérer ces plus fragiles, que – parfois – les lois, même démocratiquement votées, ne parviennent plus à reconnaître ou traiter comme des citoyens, des personnes ou des êtres humains à part entière. Il s’agit de ceux dont la vie est délaissée, ignorée, menacée, méprisée.

Alliance VITA a donc choisi d’intervenir de façon privilégiée quand le principe même de vie est remis en cause. Elle sait par ailleurs que des conditions de vie minimales (dignes de l’humanité) sont à intégrer aux exigences de la solidarité. De nombreux membres de l’association sont engagés pour leur propre compte ou au sein d’autres structures, auprès des personnes porteuses de handicap, d’enfants maltraités, de jeunes en perte de repères, de personnes vivant dans la rue ou subissant des conditions de vie difficiles, vivant dans la misère, et aussi de migrants en situation de précarité, de personnes isolées, en situation de « mort sociale » etc.

Respect de la vie et conditions de vie vont de pair. Par ailleurs, nous savons qu’une société excessivement individualiste et consumériste produit à sa marge des exclus. Toutes les actions de solidarité sont nécessaires pour panser une société parfois si dure aux faibles qu’elle va jusqu’à porter une injonction particulièrement contradictoire dans le cas des personnes handicapées. On peut penser, à titre d’exemple aux personnes atteintes par la Trisomie 21 : prenez toute votre place, mais il aurait mieux valu que vous n’existiez pas…

 

De l’exclusion à l’auto-exclusion

L’association s’est donc centrée sur ces enjeux aux deux extrémités de la vie : autour de la conception et de la naissance d’une part, autour de la maladie et de la fin de vie d’autre part, car le « droit à la vie », première exigence des droits universels de l’homme, est, à ces deux extrémités, remis en cause, non seulement par des lois existantes ou en débat, mais aussi par des mentalités et des comportements. L’enjeu est culturel, social, économique, politique.

Avec les indéniables progrès technologiques et médicaux renaissent des tensions sur la vie qu’on aurait pu croire révolues depuis le rejet de l’eugénisme, en particulier le tri des êtres humains avant la naissance, l’instrumentalisation du corps des femmes, le déni de la valeur de l’existence qui s’achève. Avec le risque de l’auto-exclusion des personnes fragiles, sous la pression des normes sociales qui les dévalorisent. D’où les efforts d’Alliance VITA pour entretenir et restaurer le « goût de vivre » chez ceux qui risquent de le perdre.

Aux stades originels ou ultimes de l’existence, Alliance VITA ne se contente pas de défendre le principe du respect de la vie au nom de la solidarité par un plaidoyer destiné au public ou aux politiques ; l’association travaille à favoriser les conditions d’accueil de la vie et le soutien aux plus fragiles, au profit de toute personne concernée intimement par ces étapes : jeunes, couples, femmes enceintes, personnes concernées par le handicap ou la dépendance, patients gravement malades ou en fin de vie, personnes âgées, personnes désespérées, soignants, proches aidants… Tout l’écosystème indispensable à la solidarité doit être entendu, encouragé, soutenu.

C’est le sens de la fondation des trois services d’écoute animés par l’association. C’est aussi le sens des guides pratiques édités par l’association qui informent largement sur les besoins et dispositifs de solidarité et encouragent chacun à y prendre part. Cette expérience de terrain – des milliers de personnes écoutées se confiant chaque année à des écoutants formés et supervisés – associée au dialogue constant avec les décideurs renforce la légitimité d’Alliance VITA pour prendre la parole et réaffirmer l’urgence et l’importance de se faire solidaire des plus fragiles.

 

solidaires des plus fragiles : la boussole d’alliance vita

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