Sondage sur l’euthanasie : le consensus inexistant
Et de deux ! Un nouveau sondage sur l’euthanasie montre que le consensus n’existe pas en France sur ce sujet.
Quelques jours après le sondage du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), la Fondapol (Fondation pour l’Innovation Politique) associée aux Associations familiales catholiques AFC publient un sondage conduit par OpinionWay sur la proposition de loi adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale.
Trois informations importantes en ressortent :
- Les Français s’intéressent au sujet de la fin de vie mais le connaissent peu.
- Informés du contenu de la proposition de loi actuelle, ils s’opposent à un nombre important de ses dispositions.
- Ils sont inquiets de l’impact de l’euthanasie sur les plus fragiles.
Les Français s’intéressent au sujet de la fin de vie mais le connaissent peu
Cet intérêt se manifeste en quelques chiffres. 82% des sondés se disent intéressés par le sujet de la fin de vie, 65% se sentent concernés par cette fin de vie et 65% ont été proches d’une personne en fin de vie. Cependant, 54% admettent ne pas suivre régulièrement les débats, et 60% reconnaissent ne pas rechercher d’informations sur le sujet. Enfin 48% répondent ne pas en avoir parlé, ni avec des amis, ni en famille, ni au travail.
Si l’intérêt est là, le temps manque peut-être pour approfondir ce sujet complexe.
Et si le consensus, que les partisans de l’euthanasie aiment rappeler, était bâti sur une façade, masquant des méconnaissances réelles des dispositions de la proposition de loi ?
Informés du contenu de la proposition de loi actuelle, ils s’opposent à un nombre important de ses dispositions
En effet, interrogés sur plusieurs dispositions prévues dans le texte, une majorité affirme son opposition. Voici quelques exemples.
-
Sur la question clé du contrôle, 68% veulent que les contrôles de respect des procédures soient réalisés avant la mort. Le texte actuel prévoit un contrôle possible a posteriori.
-
Dans le texte actuel, la procédure prévoit la consultation d’un second médecin, mais sans l’obligation
d’examiner le patient. 57% des sondés jugent cette disposition « inadaptée ». -
Une majorité (45% contre 39%) estime que l’euthanasie ou le suicide assisté devrait être refusé en cas de désaccord entre les deux médecins. Et ils sont même 73% à demander à ce qu’un psychiatre soit consulté en cas de doute sur les capacités de discernement du patient, ce qui n’est pas prévu aujourd’hui.
-
78% appuient le principe d’une procédure spécifique pour les personnes souffrant de déficience intellectuelle.
-
66% affirment que la réunion du corps médical doit se tenir physiquement, et non en visio.
-
48% dé
sapprouvent l’absence d’un délit d’incitation, contre 34% qui l’acceptent. -
Enfin, face à l’alternative pour un proche entre soins adaptés et euthanasie, 52% des sondés optent pour les soins palliatifs contre 38% pour l’euthanasie. Cela rejoint la priorité donnée aux soins, message porté par Alliance VITA pendant tous les débats législatifs.
Les Français sont inquiets de l’impact de l’euthanasie sur les plus fragiles
Au-delà du soutien ou non à l’idée de légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté, le sondage fait ressortir une vraie prise de conscience sur les dégâts potentiels du texte.
A la question « Si cette proposition de loi était adoptée, craignez-vous que les personnes les plus fragiles, physiquement ou psychologiquement, soient conduites à avoir plus souvent recours à l’euthanasie ou au suicide assisté que les autres ? », 64% des 18-24 ans répondent « oui ». Ils sont 62% des 25-34 ans et 53% des 35-49 ans. Sur l’ensemble des tranches d’âge, c’est 52% de « oui » contre 35% de « non ».
A la question « Si cette proposition de loi était adoptée, craignez-vous que l’on assiste un jour à une extension de l’euthanasie ou du suicide assisté aux mineurs ou aux personnes en situation de handicap intellectuel comme on le voit dans d’autres pays ayant adopté une loi comparable ? », ils sont 46% à répondre « oui » contre 39% « non ». L’impact sur la famille suscite une vraie opposition. 70% des personnes interrogées craignent l’apparition de graves désaccords au sein des familles ou entre les proches si la loi sur la « fin de vie » devait être adoptée.
Les Français, dans un large consensus, demandent une priorité aux soins et à un système de santé qui fonctionne. Les décideurs politiques et le Parlement ont un impératif d’écouter cette demande. La légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté n’est ni une priorité, ni un consensus pour les Français.
Suivez-nous sur les réseaux sociaux :