Les grands enjeux bioéthiques de l’année 2026

 

Fin de vie, grand âge, états généraux de la bioéthique, hausse du nombre d’avortements…plusieurs grands événements vont vraisemblablement marquer cette nouvelle année, dans un contexte social, économique et politique inédit.

 

Poursuite de l’examen de la proposition de la loi (PPL) sur la fin de vie

Dans un contexte de profonde crise de la santé, le président Macron en a fait l’une de ses priorités, l’annonçant même au cours de ses vœux de début d’année : « Nous irons, enfin, au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité, sujet sur lequel je m’étais engagé, devant vous en 2022 ».

Pourtant, ce sujet est loin d’être une priorité pour les Français, et aucun consensus n’existe en France sur l’euthanasie. Cette PPL sera pourtant très prochainement examinée au Sénat (à partir du 20 janvier 2026). Elle a déjà fait l’objet d’amendements en Commission des affaires sociales du Sénat le 7 janvier qui a notamment renommé en : « assistance médicale à mourir » les mots « droit à l’aide à mourir », tel que votés en première lecture par l’Assemblée nationale.

Ainsi, la Commission, sans les nommer, entérine les graves actes d’euthanasie et de suicide assisté et a même introduit une confusion dangereuse entre euthanasie et sédation profonde et continue jusqu’au décès, prévus dans l’actuelle loi Claeys-Leonetti. Elle entérine ainsi la mort donnée intentionnellement comme réponse à la souffrance et dénature le sens du soin.

 

L’arrivée d’un plan grand âge ?

La France est aujourd’hui à un tournant démographique. Le nombre de naissance est à son taux le plus bas depuis la seconde guerre mondiale. Le nombre de décès augmente, du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom. Cet inquiétant recul de la natalité, dans un contexte économique déjà très dégradé, renforce les pressions sur le financement des retraites et de la dépendance.

Il y a une réalité démographique de vieillissement de la population avec l’arrivée à des âges avancés des baby-boomers. Certains parlent même de « mur démographique ». Les personnes nées en 1945 auront 85 ans en 2030. Le nombre des personnes âgées de 85 ans et plus va augmenter pour atteindre 5 millions de personnes en 2050. L’espérance de vie augmente mais pas forcément en bonne santé. Une étude récente estime à 3 millions le nombre de personnes âgées dépendantes en 2050, contre 2 millions aujourd’hui.

C’est dans ce contexte que le « plan grand âge », initialement prévu en 2025 puis en janvier 2026, sera finalement dévoilé début février, a annoncé le ministère chargé de l’Autonomie. Cette question gagne en urgence avec le vieillissement attendu de la population.

 

Le lancement des États généraux de la bioéthique

Le CCNE, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, a annoncé le lancement des États généraux de la bioéthique, en vue de la future révision de la loi bioéthique, qui pourrait n’intervenir qu’après la prochaine élection présidentielle. Ces états généraux consistent en l’organisation d’un débat public.

Il s’agit d’un préalable demandé par la loi bioéthique elle-même avant tout projet de réforme sur les problèmes éthiques et les questions de société. Dans les faits, les différentes lois ont avalisé des transgressions majeures : prélèvement de gamètes, congélation, tri et destruction d’embryons, extension du DPN et du DPI au risque de l’eugénisme. Alliance VITA prendra part aux débats et entend continuer son travail de formation et d’alerte sur ces sujets, en s’appuyant sur son expertise de plus de 30 ans et son expérience concrète, au travers de l’apport de son réseau, de ses témoins, de ses experts et de ses services d’écoute.

 

L’urgence d’une politique de prévention de l’avortement

 En 2024, 251 270 avortements ont été recensés en France, selon la Drees. Depuis 2018 – à l’exception des années Covid – le nombre d’IVG augmente, dans l’indifférence des pouvoirs publics qui ont renoncé de longue date à mener une véritable politique de prévention, alors qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu. Pourtant, malgré ce contexte de normalisation englobant la constitutionalisation, l’allongement des délais et un discours médiatique très favorable, les Français considèrent qu’il ne s’agit pas d’un acte banal et soutiennent massivement la mise en œuvre d’une politique de prévention. Deux tiers (65%) des Français estiment ainsi que la société devrait davantage aider les femmes à éviter d’avoir recours à l’IVG.

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