Record d’IVG en 2024 : urgence de la prévention

25/09/2025

Record d’IVG en 2024 :  urgence de la prévention 

En 2024, 251 270 avortements ont été recensés en France, selon la Drees, soit 7 647 de plus qu’en 2023. Depuis 2018 – à l’exception des années Covid – le nombre d’IVG augmente, dans l’indifférence des pouvoirs publics qui ont renoncé de longue date à mener une véritable politique de prévention, alors qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu.

La Drees relève également une progression régulière du ratio avortements/naissances (0,38) conséquence de la baisse des naissances conjuguée à la hausse des IVG. Dans le contexte économique instable et de montée de la vulnérabilité sociale, le soutien et l’accompagnement des grossesses, qu’elles soient programmées ou non, sont une urgence. La baisse du nombre de naissances, désormais plus faibles que le nombre des décès en 2025, devrait inciter à rééquilibrer la politique familiale, parent-pauvre des politiques publiques.

Une étude a révélé en 2020 que ce sont les femmes aux revenus les plus faibles qui ont davantage recours à l’avortement que les femmes aisées. Aujourd’hui l’avortement est devenu un marqueur d’inégalité sociale.

La part des IVG médicamenteuses atteint 80% dont 40% sont réalisées à domicile, hors établissement de santé, preuve que l’accès n’a jamais été aussi facilité. Loin d’être un acte anodin, l’avortement reste une épreuve qui marque profondément les femmes : 91 % des Françaises estiment qu’il laisse des traces psychologiques difficiles à vivre, selon un sondage Ifop pour Alliance VITA en Janvier 2025.

C’est pourquoi Alliance VITA appelle à regarder autrement la réalité de l’avortement. Derrière ces chiffres, il ne s’agit pas seulement d’une statistique sanitaire, mais d’une réalité humaine et sociale qui mérite d’être analysée avec lucidité. L’avortement était présenté en 1975 comme une mesure exceptionnelle, qui restait, selon le mot de Simone Veil, un drame.

L’institutionnalisation de son recours a fini par masquer les pressions, économiques, sociales ou affectives, que beaucoup de femmes subissent. 50 ans après la loi dépénalisant le geste de l’avortement, le sujet de sa prévention reste plus que jamais d’actualité.

 « Parce qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu, l’avortement ne devrait jamais s’imposer aux femmes comme une fatalité », souligne Caroline Roux, directrice générale adjointe d’Alliance VITA.

Pour que l’avortement ne soit pas une fatalité, il est urgent de développer une véritable politique de prévention et de proposer aux femmes un accompagnement digne. Cette demande est soutenue par l’opinion publique : 81 % des Français déclarent souhaiter une telle politique.

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