Natalité : un enjeu collectif
La question de la natalité est un enjeu collectif, et pas seulement une question de choix individuel. C’est par ce constat que débute le rapport de la mission d’information sur les causes et les conséquences de la baisse des naissances en France. Les auteurs ajoutent que de ce fait, la responsabilité politique est également engagée. Deux chiffres illustrent la baisse de la natalité en France : 645000 naissances en 2025, contre 833,000 en 2010, une baisse proche de 25% en 15 ans.
Pourquoi la natalité baisse ?
Au fil des auditions de la Commission, des facteurs explicatifs ont été largement discutés. Alliance VITA en a rendu compte en détail dans des articles précédents. Il y a des facteurs qui empêchent de se projeter avec confiance, une anxiété face à l’avenir, marquée par de fortes incertitudes géopolitiques, économiques et écologiques. Et il y a des freins très concrets : hausse du prix de l’immobilier, difficulté de garde des jeunes enfants, coût du quotidien avec des enfants…
La difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale, l’accès plus tardif à un emploi et un logement stable sont des éléments qui pèsent. Le facteur culturel ne doit pas être négligé. En France, le modèle de la famille à deux enfants est devenu le plus dominant. Comme l’indique l’INED dans un rapport en 2025 : « Le modèle de la famille à 2 enfants se diffuse : tous âges confondus entre 18 et 49 ans, deux tiers (65 %) des femmes et des hommes considèrent 2 comme le nombre idéal d’enfants dans une famille, contre moins de la moitié (47 %) en 1998. Les réponses « 3 ou plus » deviennent minoritaires (29 % en 2024, contre 50 % en 1998) ».
Cependant, les enquêtes régulières soulignent un écart persistant entre le désir d’enfant et la réalité de la fécondité : environ 2.27 enfants souhaités en moyenne, alors que la fécondité, mesurée par l’ICF (Indice Conjoncturel de Fécondité), s’établit à 1.56 (source INSEE).
Quelles mesures sont proposées ?
Travailler à réduire cet écart, et soutenir les couples qui souhaitent avoir des enfants est l’ambition de la Commission qui a publié une série de propositions. D’emblée, le rapport se positionne sur une ligne claire : la politique familiale doit « permettre la réalisation du désir d’enfant« . En clair, la Commission remet en cause les choix politiques qui ont fait perdre à la politique familiale son caractère universel. Le rapport note qu’on « constate également un glissement progressif de la politique familiale vers des objectifs de lutte contre la pauvreté ou de correction des inégalités, légitimes en eux-mêmes mais qui ont parfois éclipsé la finalité première de soutien aux familles avec enfants« .
La mesure phare, sur les 37 propositions, est l’instauration « d’un versement familial unique et universel de 250 euros mensuel par enfant quel que soit son rang« , donc à partir du premier enfant et sans condition de ressources. Beaucoup de propositions sont de nature économique ou financière : relèvement d’avantages fiscaux, prêts à taux zéro, facilitation des donations, des congés etc.
Selon les auteurs, l’ensemble de ces mesures « apportent des solutions concrètes aux préoccupations qui ont été exprimées par les quelque 30 000 personnes ayant participé à la consultation citoyenne« .
Pour voir plus loin
Le dossier de presse le note dans l’introduction. Il y a une « nécessité de réhabiliter la place de l’enfant et de la famille dans l’espace public et dans l’action publique. Cela suppose une meilleure adaptation des services, des transports et des politiques locales aux besoins des familles, ainsi qu’une attention renouvelée portée à leur visibilité et à leur reconnaissance dans la société« .
Comment soutenir la natalité si les enfants sont considérés d’abord comme un poids et un coût ? Comment soutenir la maternité si la grossesse est traitée sous l’angle médical avant tout ?
Une hypothèse implicite traverse ce dossier de presse : que le désir d’enfant et sa réalisation sont entièrement programmables et sous contrôle des adultes.
La hausse de l’infertilité n’est pas mentionnée, même si le gouvernement a produit récemment un « plan » face à ce problème. Par ailleurs, le nombre élevé de grossesses interrompues en France mériterait une véritable attention de la part des élus. Toutes les femmes n’avortent pas par libre choix.
Soutenir l’accueil de la vie est une ambition qui demande une vision large des causes et facteurs derrière la baisse de la natalité.
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