Accès aux soins : une dégradation inédite selon la Fédération Hospitalière de France (FHF)
La Fédération Hospitalière de France (FHF) qualifie la dégradation de l’accès aux soins de situation inédite. Ce constat est publié à l’occasion du troisième baromètre de l’accès aux soins mené par l’Institut de sondage BVA. La FHF réunit la plupart des établissements publics de santé et des établissements publics médico-sociaux. Dans son communiqué de presse, la Fédération met en avant deux chiffres clé pour mesurer la situation :
- Près de 3 Français sur 4 disent avoir déjà renoncé à un soin ces cinq dernières années ;
- 1 Français sur 2 indique qu’il s’est déjà rendu aux urgences sans être en situation d’urgence médicale.
Le sondage publié comporte 3 volets :
- Inquiétude et colère des Français sur la situation ;
- Délai aggravé ou renoncement aux soins ;
- Un recours aux urgences trop souvent injustifié.
Inquiétude et colère des Français sur la situation
Le constat est quasi unanime et sans appel :
- 90% de « oui » à la question « Je suis en colère face au manque de moyens alloués à l’hôpital public et aux conditions de travail du personnel soignant« .
- 89% de « oui » à la question » Je pense que sans un rapide et réel investissement financier dans le système de santé, nous courrons à la catastrophe« .
- Et 85% répondent « oui » à « Je suis révolté par les inégalités d’accès aux soins qui persistent sur le territoire« .
L’Institut n’a pas publié de données détaillées par catégorie socio-professionnelle ou par âge. Mais les données régionales ne montrent pas d’écart important entre région. La FHF signale également que « le renoncement aux soins atteint 85 % des moins de 35 ans ».
La situation dégradée impacte les sentiments des Français face aux soins. 73% ont peur de ne pas pouvoir accéder à des soins de qualité en cas de besoin urgent. Et 63% ont peur de devoir être hospitalisés au vu de la situation actuelle des hôpitaux.
Pour autant, la confiance envers les soignants reste élevée : 95% sont « reconnaissants envers les professionnels de santé qui s’efforcent de maintenir la qualité des soins malgré un contexte difficile« .
Délai allongés ou renoncement aux soins
Les délais déjà importants, s’allongent. Les temps moyens d’attente déclarés sont par exemple de 12 jours pour un généraliste, 2 mois pour un psychiatre et 3 mois pour un cardiologue. Le baromètre met en lumière une dégradation brutale des délais d’attente. Dans la première version du baromètre, publié en 2019, le temps d’attente pour une généraliste était de 4 jours. Le délai a triplé en 7 ans. Pour le cardiologue, l’attente était de 1 mois et 3 semaines en 2019.
Dans la répartition géographique des temps d’attente, l’Île-de-France se distingue par une situation enviable comparée aux autres régions. Ainsi, pour un cardiologue, il faut attendre 8 semaines en Île-de-France, mais 18 semaines en Centre-Val-de-Loire. Pour un psychiatre, c’est 6 semaines en région parisienne contre 20 dans les Hauts de France. En revanche les écarts régionaux sont plus faibles pour un médecin généraliste et un pédiatre.
Interrogés sur le renoncement à un soin (rendez-vous médical, médicaments, analyse …), 59% des Français citent le temps d’attente, 40% la question du budget, et 38% le problème de la distance.
Un recours aux urgences trop souvent injustifié
49% des personnes interrogées admettent s’être rendues à un service d’urgence pour des raisons ne relevant pas de l’urgence médicale. Méconnaissance des alternatives, difficulté d’accès à la médecine de ville sont citées comme les raisons de ce choix. Certains citent aussi la « facilité » de cette option : « aux urgences je suis sur place pour réaliser tous les examens complémentaires à faire en cas de nécessité« .
La FHF rappelle la situation dégradée des hôpitaux publics, avec un déficit cumulé de 2.7 Mds d’euros en 2025. Elle appelle les décideurs à une « vision de long terme et une stratégie claire pour les années à venir ».
Devant cette dégradation accélérée de l’accès aux soins, comment ne pas s’inquiéter que le gouvernement et certains élus maintiennent la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie comme une priorité législative ?
Interpellez les politiques pour leur demander de voter des soins, pas l’euthanasie.
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