15-04-2016

Antispécisme : anthropomorphisme ou anti-humanisme?


Homme-Animal

Depuis quelques années, notre monde occidental voit émerger un phénomène nouveau : « l’antispécisme » qui voudrait mettre l’animal sur un pied d’égalité avec l’homme.

L’antispécisme, datant des années 1970, s’oppose au spécisme qui place l’humain au dessus de toutes les espèces. Pour Aymeric Caron, auteur de l’ouvrage « Antispéciste » paru récemment, le spécisme, nommé par analogie avec le racisme et le sexisme, « désigne toute attitude de discrimination envers un animal en raison de son appartenance à une espèce donnée ». Ainsi, dans cette théorie proche de la culture indoue, l’humanité n’aurait qu’une différence de degré, et non de nature, avec les autres animaux.

N’est-ce pas une attitude paradoxale de l’homme envers les animaux qui contribue à développer ce phénomène ?

D’un côté, on observe un certain mépris pour les animaux d’élevage, considérés comme de simples objets, produits de consommation, qui doivent être le plus rentable possible. Ainsi, certaines poules en couveuses, qui ne voient jamais le jour, sont obligées de pondre plus de trois cents œufs par an ! Par ailleurs, de récents scandales dans certains abattoirs français, montrant de graves maltraitances sur les animaux, ont également contribué à nourrir cette idéologie.

D’un autre côté, les animaux de compagnie sont parfois « humanisés » à l’extrême : il existe des cimetières pour animaux, des coiffeurs, des hôtels et des psychologues pour chiens, pour donner quelques exemples…

Le 28 janvier 2015, l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi de modernisation et de simplification du droit reconnaissant aux animaux la qualité symbolique « d’êtres vivants doués de sensibilité ».  Le « droit des animaux » est désormais un cursus proposé dans certaines universités.

Pour Tugdual Derville, délégué général d'Alliance VITA
 « C’est à cause de la dignité humaine (et non pas animale) que l’homme ne doit pas infliger aux animaux des souffrances inutiles. La cruauté vis-à-vis des bêtes est en quelque sorte inhumaine. Il faut donc faire le lien entre la responsabilité de l’homme sur la création, la supériorité de l’homme vis-à-vis de l’animal et la spécificité de la dignité humaine ».