François Hollande : encadrer la mort dans la dignité

16/03/2012

Q : Dernier point, précisez-nous François Hollande : faut-il autoriser l’euthanasie active, parce que dans votre projet il est écrit « il faut une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ». Est-ce que ça veut dire clairement que vous êtes favorable à l’euthanasie active ?

R : Non, je ne prends pas le mot d’ « euthanasie ».

Q : Pourquoi ?

R : Parce que ça laisse penser qu’il serait accepté une forme de suicide, ce n’est pas de ça dont il s’agit. C’est un sujet très important qui intéresse toutes les familles… Chacun à un moment – je l’ai été pour ma part – a été confronté à un évènement comme celui-là, c’est-à-dire une personne âgée, pas forcément âgée, mais victime le plus souvent d’un cancer, et qui veut terminer sa vie dans la dignité. Il y a eu une loi qui est une loi utile, qui est la loi Léonetti qui prévoit des soins palliatifs. Il y a un manque considérable…

Q : Il y a malheureusement très peu de personnes qui y ont accès…

R : Très peu de personnes. Les soins palliatifs, ça veut dire, on accompagne la personne sans la faire souffrir…

Q : Et sans accélérer la mort ?

R : Sans accélérer : on l’apaise – j’ai vécu cette situation -, on l’apaise. Il faut davantage de soins palliatifs, aussi bien à l’hôpital qu’au domicile, et je veillerai à ce qu’il y ait beaucoup plus de places de soins palliatifs dans nos établissements hospitaliers et d’assistance à domicile. Après, vous avez le cas d’une personne – on a des faits divers nous le rappellent – qui sont dans une extrême souffrance, qu’on ne peut pas apaiser, et qui demandent, qui réitèrent, de pouvoir terminer leur vie dans la dignité, c’est-à-dire en étant soulagé, et donc …

Q : C’est-à-dire, je vais dire les choses clairement, qu’un médecin puisse abréger cette …

R : …on ne peut pas, on ne peut pas écarter cette demande. Aujourd’hui, il y a 7 à 8 000 euthanasies qui se font sans que nul ne le sache.

Q : Alors qu’est-ce qu’il faut … ?

R : Alors oui, il faudra légaliser cette procédure, pour que quand une personne demande, parce qu’elle n’en peut plus, que sa famille appuie cette demande, qu’elle est réitérée, que 4 médecins se sont eux-mêmes prononcés, alors il sera possible d’en terminer avec ses souffrances.

Q : Et donc à minima de dépénaliser les actes dits d’euthanasie ?

R : Il ne s’agit pas de dépénaliser du tout parce que c’est les médecins qui les pratiqueront

Q : ..De les encadrer ?

R : Les encadrer, encadrer cette mort dans la dignité.

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