[CP] Alliance VITA dénonce le passage en force du gouvernement

Alliance VITA dénonce le passage en force du gouvernement pour le  projet de loi de mariage et d’adoption par des personnes de même sexe.
En effet, on apprend que le texte devrait arriver en seconde lecture à  l’Assemblée nationale dès le mercredi 17 avril, sans respecter le délai habituel de 4 semaines entre le vote au Sénat et le second passage à l’Assemblée.

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porte-parole  de la Manif pour Tous : « Le gouvernement manifeste clairement son  choix d’escamoter le processus, alors que la procédure de navette  parlementaire permet de prendre du recul pour examiner en profondeur  les apports de chacune des deux Chambres. Cette accélération est  d’autant plus choquante que viennent d’être dénoncées des filières  commerciales d’acquisition d’enfants par des moyens artificiels, contraires à nos lois de bioéthique.
Ce matin, un nouveau sondage (BVA- Le Parisien) a révélé que 55% des  Français sont opposés «  »à l’instauration du droit au mariage et à  l’adoption pour les couples homosexuels » ».
Alliance VITA déplore ce nouveau coup porté à la protection des plus fragiles : les enfants. Elle met en garde le gouvernement contre la  détermination de tous ceux qui se mobilisent pour prendre leur défense.

Alliance VITA sera présente dès ce soir à 18h30 à proximité du Sénat pour manifester la poursuite de la mobilisation ferme et pacifique.

[CP] Vote « mariage pour tous » : escamoté au Sénat

Alliance VITA prend acte du vote escamoté, en première lecture au Sénat, du projet de loi instaurant le mariage entre personnes de même sexe assorti du droit d’adopter des enfants.

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porte-parole de la Manif pour tous : «Ce processus flou du vote à main levée sur un sujet de société qui divise profondément les Français ne fait que renforcer le grand mouvement social qui se lève dans notre pays. Pourquoi a-t-on interdit aux Sénateurs d’assumer publiquement leur soutien  ou leur opposition à ce texte ? Comment ne pas voir dans ce procédé un signe de plus d’un passage en force, dicté par des considérations politiciennes ? Et ce vote intervient alors que nous avons eu la révélation des réseaux de promotion, à Paris même, de sociétés privées de location de services en matière de procréation artificielle, à l’étranger, pour des couples de personnes de même sexe. Notre colère est grande,  parce que la voix des enfants a été totalement étouffée. Nous la manifesterons le dimanche 26 mai 2013 avec la fermeté paisible qui est la marque de notre mouvement. »

Le président de la République garde la possibilité de nous entendre et de montrer qu‘il prend en compte l’opposition croissante du pays à ce projet de loi qui instaurerait une discrimination injuste pour certains enfants, privés des repères de l’altérité sexuelle dans l’engendrement.

Décodeur N°25 : Mariage et adoption homosexuels

Le décryptage d’Alliance VITA sur l’actualité du projet de loi : « Mariage/Adoption pour les couples de personnes de même sexe »

 

L’EVENEMENT

A l’issue de deux journées de débat, lundi 8 et mardi 9 avril 2013, le Sénat a voté l’article 1  du projet de loi , le plus important puisqu’il introduit une nouvelle définition du mariage en l’ouvrant aux personnes de même sexe.

La discussion se poursuit  dans un climat que l’on peut qualifier de « dialogue de sourds » : l’opposition explique à de multiples reprises que l’équation « Mariage + Adoption = PMA + GPA » à plus ou moins long terme, notamment à cause de la jurisprudence européenne ; la majorité et le gouvernement se bornent de répondre que le projet de loi ne concerne que le mariage et l’adoption, et qu’on verra plus tard pour le reste.

 

 

LE CHIFFRE

Environ 200.000 Français déclarent être en couple avec une personne de même sexe, selon une enquête de l’Insee publiée le 14 février 2013. Début 2011, 32 millions de personnes déclaraient être en couple, dont 72% dans le cadre du mariage. Sur ce total, environ 200.000 personnes en couple (soit 0,6% d’entre elles) déclaraient être avec un conjoint de même sexe.

Par ailleurs, 9 000 PACS ont été signés en 2010 entre deux personnes du même sexe (soit 4% du total des PACS). Le nombre prévisible de mariages homosexuels peut être estimé à moins de 5 000, de l’ordre de 2 % du total des mariages (environ 250 000 mariages sont célébrés chaque année) si la proportion est la même qu’en Espagne.

Les couples homosexuels qui voudront se marier seront donc très peu nombreux.

 

 

LA CITATION

« Un enfant sans père, c’est comme une maison sans toit ; une maison sans mère, c’est comme une maison sans âme ».

Ce proverbe cambodgien a été cité lors d’un mariage célébré récemment entre un jeune d’origine cambodgienne et une jeune bretonne. Le mariage était célébré par Gérard Larcher, sénateur des Yvelines, qui soulignait ainsi le caractère essentiel de l’altérité du mariage dans toutes les civilisations.

 

 

LE RÉSUME DU DEBAT

 

Les débats ont principalement concerné trois sujets autour de l’article 1 du projet de loi :

1)      L’union civile

Les premiers amendements de l’opposition ont concerné la mise en place d’une « union civile », présentée comme une solution de compromis pour respecter la nature du mariage fondé sur l’altérité des sexes et l’ouverture à la procréation.  Selon ses promoteurs,  ce dispositif évitait de dénaturer le mariage, tout en constituant une réponse sérieuse aux attentes des personnes homosexuelles souhaitant un cadre plus protecteur. L’union civile aurait permis de donner aux conjoints les mêmes droits et devoirs que dans le mariage, sauf la possibilité d’adopter des enfants. Ce statut se serait rajouté aux trois autres formes actuelles de vie en couple (mariage – PACS – concubinage).

Tous les amendements sur l’union civile, ou sur des démarches similaires visant à améliorer le statut du PACS ou du concubinage, ont été rejetés par la majorité sénatoriale.

2)      L’article 143 du Code civil donnant une nouvelle définition du mariage

Cet article, qui n’existe pas aujourd’hui dans le Code civil, est ainsi rédigé : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. » Il constitue la pierre angulaire de la nouvelle loi, puisque tous les autres articles dépendent de cette affirmation et visent à en clarifier les conséquences pour les conjoints ou pour les éventuels enfants du couple.

Après plus de 10 heures de débat, dans une ambiance qualifiée d’électrique, et une longue suspension de séance liée à l’absence du quorum (moins de la moitié des sénateurs présents au moment du vote), l’article 1 dans son ensemble a été adopté par 179 voix contre 157, mardi 9 avril un peu avant minuit.

Cinq UMP et une UDI-UC ont voté pour, 2 UMP et 4 UDI-UC se sont abstenus et un UMP n’a pas pris part au vote. A gauche, au RDSE (à majorité PRG), un sénateur a voté contre et 4 n’ont pas pris part au vote. Par contre les socialistes, les écologistes et les communistes ont tous voté pour (voir notre Coup de gueule). Le détail du vote de chaque sénateur est disponible ici.

Cet article a été adopté « conforme », c’est-à-dire sans modification par rapport au vote en première lecture de l’Assemblée nationale. Ce vote devient donc définitif, sauf si l’ensemble du projet de loi était rejeté à l’issue de son examen par le Sénat. L’article 1 du projet de loi ne sera donc pas soumis à une deuxième lecture de l’Assemblée nationale.

3)      Les autres amendements sur l’organisation du mariage

Plusieurs autres dispositions ont été confirmées, avec ou sans amendement, dans le cadre du chapitre Ier du projet de loi relatif au mariage. Elles concernent :

– Le contrôle des actes de l’état civil par le procureur de la République. A cet égard, beaucoup d’officiers d’état civil  ont fait part de leur opposition de principe à célébrer des mariages entre personnes de même sexe.

– Le lieu de célébration du mariage, avec l’élargissement du nombre de communes où cette cérémonie sera possible (les communes de résidence d’un des parents des époux).

– Les articles du Code civil à lire lors de la célébration du mariage, pour simplifier la lecture et retirer une mention peu opportune (l’article 220 du Code civil sur la solidarité du couple pour les dettes contractées durant le mariage).

– La nature « républicaine » de la cérémonie du mariage (article 165 du Code civil).

– La possibilité de se marier en France, quand les futurs époux (dont au moins un de nationalité française) résident dans un pays qui n’autorise pas le mariage entre deux personnes  de même sexe.

 

 

 

NOTRE COUP DE COEUR

 

Jean Marc Veyron-la-Croix, homosexuel et maire de Chasselas, exprime avec force ce que pense une grande partie des personnes homosexuelles vivant en couple et s’opposant au projet de loi. Extraits de sa récente lettre ouverte à Jean-Luc Romero :

« Cessez de voir la communauté homosexuelle comme vous la voyez ; d’ailleurs elle n’existe pas plus qu’il existe une communauté hétérosexuelle : ces personnes ont mille facettes, et il existe d’autres homos que le microcosme parisien et sa pensée unique !

La souffrance homosexuelle, la blessure homosexuelle ou les limites de l’homosexualité ne sont en aucun cas, une raison pour changer les bases d’une civilisation ou priver un enfant d’une partie de sa filiation et de l’affection d’un père ou d’une mère !

Acceptons nos limites au lieu d’imposer à tous une loi qui ne comblera en rien notre impossibilité à procréer! »

 

 

NOTRE COUP DE GUEULE

 

La liberté de vote n’est pas reconnue au sein du groupe socialiste !

Depuis le début des débats, le groupe PS a multiplié les demandes de scrutin public pour les votes sur des amendements importants. Deux raisons à cela :

– Pendant de nombreuses heures, le nombre de sénateurs de la majorité était inférieur à celui de l’opposition ; or la procédure de vote par scrutin public donne la possibilité aux groupes politiques de voter pour leurs collègues absents.

– « Vous obligez les parlementaires socialistes à voter d’une seule voix, alors que ce n’est pas la règle chez nous », a par ailleurs expliqué un sénateur UMP.

On comprend mieux ainsi pourquoi l’article 1, le plus important, a été adopté par 179 voix contre 157 (voir Résumé des débats), c’est-à-dire avec 22 voix d’écart, alors que la majorité ne dispose en théorie que de 6 voix d’avance au Sénat.

Mariage : l'heure des sénateurs

Mariage : l'heure des sénateurs

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Tugdual Derville
Délégué général d’Alliance VITA


Pour Tugdual Derville, alors que l’opposition au projet de loi Taubira ne désarme pas, la nouvelle bataille législative qui se tient au Sénat est aussi rude qu’incertaine. Propos recueillis par Frédéric Aimard
Le Sénat aborde-t-il le projet de loi Taubira comme l’Assemblée nationale, avec la perspective de le voter ?
Pas aussi sûrement car les sénateurs sont soumis à une pression inhabituelle. La présence presque continue dans la rue des opposants au projet est significative, mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Par les courriers qu’ils reçoivent, mais aussi par des rencontres sur le terrain et la multiplication des débats publics, les sénateurs n’ont pu que prendre conscience de l’immensité du mouvement social suscité contre ce texte… C’est logique, après la manifestation du 24 mars qui a déjoué tous les pronostics. Quand une loi est votée à l’Assemblée nationale en première lecture, une bonne partie de ceux qui s’y opposent baissent en général les bras. C’est exactement l’inverse qui s’est produit. Le Sénat est devenu pour beaucoup une source d’espoir…
Cet espoir n’est-il pas exagéré ? Les motions visant à écarter le texte ont été rejetées largement.
L’avenir le dira. Tant que le vote final n’est pas advenu, nous pouvons dire que les sénateurs ont les clés d’une sortie de crise. En sifflant la fin de la partie, ne rendraient-ils pas service au Président ? Ce débat s’enlise alors que d’autres sujets d’exaspération éclatent ; beaucoup de Français éprouvent un sentiment d’insécurité croissant, comme s’ils étaient embarqués sur un paquebot sans pilote. L’arrogance du pouvoir nous a beaucoup renforcés. Des personnalités influentes nous appellent pour décoder nos intentions, comme si une bonne part de la compréhension de ce mouvement social leur échappait. Les promoteurs du projet ne peuvent éternellement le minimiser. L’énergie qu’ils dépensent à mettre en avant des éléments marginaux ou caricaturaux en est le signe… Comme si la détermination paisible de l’immense majorité de nos manifestants les effrayait !
Y a-t-il deux camps irréductibles qui s’affrontent ?
Je crois que les soutiens au projet de loi s’étiolent, se dégonflent comme une baudruche. La sénatrice verte Esther Benbassa, dont les postures sont aux antipodes de l’écologie humaine, s’est publiquement plainte du manque de mobilisation dans la rue des pro « mariage pour tous ».
Certaines outrances éclatent : la séna­trice Mi­chelle Meunier, rap­por­teure pour avis de la commission Affaires sociales, a affirmé : « Ce qui pose problème, c’est cette famille idéalisée, hétéro-patriarcale, blanche de préférence, de plus en plus éloignée des réalités. » Pareille lecture idéologique de notre opposition ne trompe plus.
Jean-Pierre Chevènement s’est exprimé contre le projet, annonçant qu’il ne prendra pas part au vote. A gauche, toute une opposition au projet murmure sans pour autant oser se manifester… Mais des articles de fond commencent à fleurir qui remettent en cause la posture ultra libérale qui sous-tend la loi Taubira.
Espérez-vous un rejet du projet de loi ou des « améliorations » ?
Quelle que soit la méthode, c’est le retrait du projet qui reste notre objectif. De toute façon, le Sénat va mettre son empreinte sur le texte, en raison de ses incohérences juridiques… Il faut se rappeler que la chambre haute est marquée par des équilibres plus subtils que l’Assemblée nationale. Le sénateur est traditionnellement un législateur pointilleux. Et plus libre, moins enclin à se laisser dominer par les consignes des partis. L’exécutif a déjà plusieurs fois été contredit par un vote du Sénat, où sa majorité est faible et fluctuante.
Je crois aussi que le temps — les sondages d’opinion le confirment — joue en faveur de la réalité que nous défendons…
Quel est l’état d’esprit des sénateurs ?
Justement, beaucoup de ceux qui sont poussés à soutenir le texte par leur appartenance partisane s’avouent troublés, en privé. Particulièrement lorsqu’ils découvrent l’articulation automatique entre mariage, adoption, insémination et gestation pour autrui, comme dans un jeu de dominos…
Dans les entretiens que les membres d’Alliance VITA ont eus avec eux ces dernières semaines, nous avons découvert que certains sénateurs n’avaient pas vraiment compris que le projet de loi Taubira incluait bien l’adoption plénière. Je n’en suis pas tellement étonné : les parlementaires non spécialisés ont tendance à découvrir les sujets au moment où ils arrivent sur leur bureau. Certains élus abandonnent jusqu’au bout leur discernement à leur président de groupe…
D’où l’importance de ces démarches. Aujourd’hui, elles sont prises au sérieux par les sénateurs : les élections municipales, celles de leurs grands électeurs, approchent.
Les médias parlent de plus en plus d’une prétendue radicalisation des opposants… Qu’en pensez-vous ?
À qui la faute ? Imaginons un instant ce qu’il se serait passé si le Conseil économique et social avait rejeté une pétition réunie par un grand syndicat ayant recueilli 730 000 signatures de citoyens (le nombre a été attesté) ! Nous avons été traités comme des sous-citoyens.
Toutefois, au regard de l’ampleur des foules que nous avons entraînées, je crois qu’il faut au contraire louer l’endurance paisible des manifestants. C’est la marque de la « Manif pour tous ». Et rien ne doit nous en détourner.
C’est pourquoi nous multiplions les appels au calme. Ma conviction intime reste qu’un sentiment de paix intérieure doit être communiqué à tous, comme élément clé d’une force irrépressible. Nous pouvons légitimement ressentir de l’agacement, de l’écœurement, de la colère… Nous avons le droit de les dire, mais ce n’est aucunement une raison pour changer de posture.
Même si tout est fait pour nous faire sortir de nos gonds, il ne faut pas céder aux provocations. C’est dans la durée, en ne laissant pas nos forces s’éparpiller, se dilapider ou se faire récupérer par tel ou tel parti, que nous tracerons un chemin vers la victoire. Pas forcément celle que nous voulons pour demain, mais une plus belle encore pour le respect de l’Humanité. Patience et confiance.

Décodeur N°24 : Mariage et adoption homosexuels

Le décryptage d’Alliance VITA sur l’actualité du projet de loi : « Mariage/Adoption pour les couples de personnes de même sexe »

 

L’EVENEMENT

Le Sénat a commencé à examiner, jeudi 4 avril 2013, le projet de loi concernant le mariage et l’adoption par des personnes de même sexe.

Les deux premières journées ont été essentiellement consacrées aux discours introductifs et à l’examen de plusieurs motions de procédure. L’examen des amendements sur les articles a commencé en fin de soirée vendredi 5 avril.

La discussion sur chaque article du texte doit se poursuivre tout au long de la semaine prochaine, y compris samedi 13 avril si nécessaire.

 

 

LE CHIFFRE

Un rappel important : seulement 37% des Français sont favorables à une loi ouvrant le droit au mariage pour les personnes de même sexe, assorti du droit d’adopter (sondage IFOP pour Alliance VITA, 23 mars 2013).

Poser la question en liant mariage et adoption est essentiel, puisque le seul fait de permettre le mariage entraine le droit d’adopter des enfants, de façon simple ou plénière. Les autres choix possibles donnent les résultats suivants : 34% des Français sont pour une Union civile, sans droit à l’adoption, et 24% pensent que les droits actuels sont suffisants.

Selon un autre sondage CSA pour BFM-TV du 4 avril, qui distingue à tort mariage et adoption dans deux questions différentes, les Français favorables à l’adoption d’enfants par les personnes de même sexe ne sont plus que 41%, en baisse de 3 points par rapport au mois de janvier 2013 (et 53% restent favorables au seul mariage).

 

 

LE RÉSUME DU DEBAT

 

La discussion a commencé, jeudi 4 avril dans l’après-midi,  par les discours introductifs donnant la position générale des divers orateurs : ministres, rapporteurs, représentants de chaque groupe politique, ainsi qu’une vingtaine d’orateurs divers souhaitant exprimer leur point de vue.

Vendredi 5 avril, plusieurs motions ont été débattues avant d’être rejetées par la majorité des sénateurs :

  1. Une « motion référendaire » a été défendue par Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée. Elle avait pour but de proposer de soumettre le projet de loi au référendum, et aurait eu pour effet d’interrompre immédiatement la discussion au Sénat si elle avait été votée. Cette motion, après plusieurs heures de débat, a été rejetée  par 176 voix contre et 164 voix pour.
  2. Une « motion tendant à opposer l’exception d’irrecevabilité » a ensuite été présentée par Jean-Jacques Hyest, sénateur de la Seine-et-Marne. Cette motion a pour objet de faire reconnaître que le texte en discussion est contraire à une disposition constitutionnelle, légale ou réglementaire. Elle a été également rejetée  par 177 voix contre et 160 voix pour.
  3. Une « motion tendant à opposer la question préalable » a été défendue par Hugues Portelli, sénateur du Val-d’Oise. Son objet est de faire décider soit que le Sénat s’oppose à l’ensemble du texte, soit qu’il n’y a pas lieu de poursuivre la délibération. Elle a été rejetée  par 177 voix contre et 158 voix pour.
  4. Enfin, une « motion tendant au renvoi en commission » a été présentée par Philippe Bas, sénateur de la Manche. Son effet, en cas d’adoption, est de suspendre le débat jusqu’à présentation d’un nouveau rapport par la commission concernée, c’est-à-dire la commission des lois. Elle a été rejetée  par 179 voix contre et 161 voix pour.

Après ces motions, l’examen des articles a commencé moins d’une heure avant la fin de la séance, ce qu’a dénoncé l’opposition compte tenu de l’importance qu’elle accordait à ses premiers amendements. Ceux-ci visent en effet à proposer une union civile au lieu du mariage.

Pour une analyse précise des modifications apportées par la commission des lois du Sénat, par rapport au texte voté par l’Assemblée nationale le 12 février dernier, voir notre Décodeur n° 22 du 23 mars 2013.

 

 

 

NOTRE COUP DE COEUR

 

Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée, a bien résumé les enjeux majeurs de cette réforme, à l’occasion de sa demande de référendum :

« Avec ce texte, le droit des adultes prime sur le droit des enfants. Les grands perdants, ce sont les sans-voix : les enfants ! (…)

Le peuple ne comprend pas que vous vouliez la parité partout, sauf là où elle est indispensable, que le principe de précaution s’applique à tout, sauf à nos enfants. (…)

On ne change pas de civilisation au gré des majorités passagères ! »

 

 

NOTRE COUP DE GUEULE

 

Mme Michelle Meunier, rapporteure pour avis de la commission des affaires sociales, a exprimé une vision très idéologique de la famille actuelle, lors de son discours introductif hier :

« Ce texte permet aux couples homosexuels de faire famille. Assumons-le. Il sort la famille du fantasme « une maman, un papa et un enfant » (…).

Car cette famille-là n’a jamais été universelle. (…) Ce qui pose problème, c’est cette famille idéalisée, « hétéro-patriarcale-blanche » de préférence de plus en plus éloignée des réalités. La loi doit s’adapter. »