Du 1er au 15 juin 2015, l’Agence de la Biomédecine (ABM) va lancer sa première campagne sur les radios nationales pour inciter aux dons de sperme et d’ovocytes.

Trois spots mettant en scène des dialogues entre un donneur ou une donneuse et son entourage seront diffusés chaque jour, en précisant les principales conditions du don. Cette publicité, qui cible particulièrement les jeunes parents, est conçue pour inciter l’auditeur à engager une réflexion et à se rendre sur les sites dondovocytes.fr et dondespermatozoides.fr.

Le Pr Dominique Royère, responsable des dons à l’Agence de la Biomédecine, estime que cette année, il faudrait 900 donneuses et 300 donneurs pour répondre aux 3.000 couples infertiles qui sont actuellement en attente.
En 2013, 1.500 couples seraient devenus parents par les gamètes de 456 donneuses d’ovules et 268 donneurs de spermatozoïdes. Les dons de gamètes en France sont libres, anonymes et gratuits.
Les bénéficiaires des dons d’ovocytes ou de sperme en France doivent être en âge de procréer, mais infertiles ou bien risquant de transmettre une maladie génétique grave à leur enfant naturel.

Lors de la journée des 10 ans de l’Agence de biomédecine du 28 et 29 mai 2015, la ministre de la Santé Marisol Touraine a précisé que le décret d’application de la loi de bioéthique de 2011, élargissant le don de gamètes aux nullipares, c’est-à-dire aux jeunes filles et aux femmes n’ayant pas encore d’enfant, sera soumis « prochainement » au Conseil d’État.

Cette campagne de banalisation du don de gamètes suscite quelques questionnements éthiques, notamment parce que les enfants nés de dons de gamètes n’ont pas accès à leurs origines biologiques. L’association Procréation Médicalement Anonyme (PMA), fondée en 2004 par le Dr Pauline TIBERGHIEN médecin de la reproduction, a pour but de sensibiliser les professionnels de santé, le législateur et le grand public sur les conséquences délétères de l’anonymat total des donneurs de gamètes, dont le principe a été inscrit dans la loi française en 1994.
Bien que décrit dans cette campagne comme un « geste solidaire de ces donneurs de bonheur », ce don ne peut être comparé à d’autres, comme celui de sang, car il engage le donneur à être potentiellement père ou mère biologique d’un ou plusieurs enfants.