Tugdual Derville était l’invité de Philippe David sur Sud Radio, le 14 novembre 2016, dans l’émission « Seul contre tous » pour débattre du suicide assisté, suite à l’affaire Mercier.

Verbatim extraits de l’émission :

« Ce qui nous fait peur à tous, c’est de souffrir (…) Tout l’enjeu est de manifester à tous ceux qui sont devenus les plus faibles, les plus fragiles, qu’ils ont toute leur place parmi nous. »

« Cet interdit du passage à l’acte doit demeurer le fondement de notre fraternité.  »

« Ma vie je l’ai reçue, je ne l’ai pas demandée. Est-ce que ma vie est un projet ou est-ce un consentement ? Il y a quelque chose qui est assez violent et douloureux dans notre société quand elle évolue vers l’idée que chaque vie est un projet qui doit être réussi ; alors qu’une bonne part de ma vie est de consentir à tous ces enracinements qui me définissent. Ce que je fais de mon corps et de ma vie ne concerne pas seulement moi-même. Ca concerne également mes proches. Le suicide est un drame social qui nous concerne tous

« Quel courage faut-il aux aidants de proximité pour accompagner et aider jusqu’au bout sans jamais passer à l’acte malgré les tentations ! (…) Je voudrais qu’on salue les personnes qui accompagnent les malades en fin de vie et qui ne font pas la Une des journaux. »

« Dans les pays qui ont légalisé le suicide assisté, des personnes en bonne santé le demandent. »

« Le suicide assisté est-il une vraie liberté si la personne souffre ? A-t-elle eu tous les soins qu’elle méritait ? »

« La médecine a fait des progrès techniques considérables. La technique est importante mais il faut qu’elle soit humaine.  (…) Il serait ingrat de dénigrer globalement la médecine. Philippe Pozzo di Borgo ne serait pas en vie si la médecine n’existait pas.  »

« Il y a un drame de la solitude : notre société souffre davantage de solitude que de souffrances physiques.  »

« Les personnes en état de crise suicidaire ont besoin d’être protégées du passage à l’acte.  »

« Dans l’idée de suicide « courageux », il y a le risque de dire que le courage serait la mort alors que bien souvent le courage c’est la vie.  »

« Les exemples de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse sont pour nous des contre-exemples : après avoir entrouvert la porte pour des cas considérés comme exceptionnels, on en arrive à des lois qui prévoient qu’une personne fatiguée de vivre pourrait avoir accès à une fin de vie qu’on prétend digne.  Dès qu’on a franchi cet interdit de tuer, on ne sait plus où s’arrêter… »