Remise du rapport El Khomri pour la future loi dépendance

Myriam El Khomri, l’ancienne Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social du gouvernement de François Hollande a dévoilé, le 29 octobre 2019, un rapport sur les métiers du grand âge. Ce plan d’action a été remis à Agnès Buzyn avant la présentation du projet de loi dépendance attendu à la fin de l’année.

Le discours d’Agnès Buzyn, suite à la remise de ce rapport, démarre par ce constat alarmant : « Nous connaissons les évolutions démographiques et nous savons qu’en 2050, ce sont près de 5 millions de Français âgés de plus de 85 ans qu’il nous faudra pouvoir prendre en charge à domicile ou en établissement. En 2040, 14,6% des Français auront 75 ans ou plus, soit une hausse de 5,5 points en 25 ans. »

Le rapport prévoit de créer 92 300 postes en cinq ans. Cela implique d’engager 825 millions d’euros par an pour les années futures. Le coût élevé s’explique par une revalorisation des salaires et par de meilleures formations. Il faut également augmenter de 20% le taux d’encadrement des seniors pour garantir des conditions décentes d’intervention. Le nombre d’accidents du travail est trois fois plus élevé que la moyenne nationale, plus important que dans le domaine du BTP. Ces métiers entraînent une activité physique intense : porter les patients, aider à la toilette, aux repas, etc.

Actuellement, le secteur des aides-soignants ou d’accompagnement éducatif et social dans les services d’aide à domicile ou au sein de maisons de retraite compte une proportion élevée de salariés pauvres : 17,5% de ménages pauvres, ce qui représente plus du double de l’ensemble des salariés en France.

Le rapport prévoit une revalorisation des salaires par le biais d’un changement des conventions collectives qui permettrait aux salariés de ne plus rester au SMIC pendant plus de dix ans, sachant qu’une partie des soignants sont rémunérés en-dessous du salaire minimum.

L’ancienne ministre propose également de mieux rembourser les frais de transport des aides à domicile et de mettre en place des voitures de fonction ou d’autres possibilités d’accès à des véhicules. Les développements de l’alternance et de la validation des acquis de l’expérience (VAE) sont aussi recommandés, tout comme la fin de la sélection par concours aux formations d’aide-soignant.

Le rapport préconise enfin la mise en place de rencontres d’une demi-journée par mois consacrées à un « temps de coordination » entre les employés, pour qu’ils puissent discuter de leurs conditions de travail et se soutenir mutuellement. Ces temps sont importants pour des personnes qui fréquentent chaque jour la mort et la souffrance. Actuellement deux heures par mois y sont consacrées pour le personnel en EHPAD et une heure par mois pour les aides à domicile.

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