Autisme en France : des chiffres en hausse

Dans son dernier bulletin d’épidémiologie hebdomadaire, l’Agence nationale de santé publique publie les résultats de deux études sur les chiffres de l’autisme. Il s’agit d’une première en France.

La France ne disposait, jusqu’à maintenant, que de chiffres imprécis sur l’autisme, basés sur des projections. Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait déjà critiqué ce manque de données, ainsi que la Cour des comptes qui avait pointé du doigt, en 2018, la « faiblesse des données disponibles ».

Dans l’éditorial du bulletin, la Déléguée interministérielle Autisme et Troubles du neuro-développement Claire Compagnon rappelle que « mieux connaître la prévalence de ces troubles [du spectre autistique (TSA)], mais aussi les conditions de vie des personnes présentant un TSA, est un enjeu majeur. »

En avril 2018, le Gouvernement avait lancé le quatrième « plan de stratégie nationale pour l’autisme » pour « mieux repérer les troubles neuro-développementaux au sein desquels figure l’autisme, diagnostiquer et intervenir plus tôt » ainsi que « former massivement l’ensemble des professionnels ».

A l’époque, le gouvernement indiquait que 700 000 personnes étaient atteintes d’autisme, dont 100 000 enfants, et qu’un enfant sur 100 présentait un TSA. Le bulletin de l’agence nationale de santé publique fait aujourd’hui état de 119 260 personnes autistes (identifiées en 2017), soit 0,18% de la population. Est aussi mise en avant une prévalence plus élevée chez les hommes (trois fois plus touchés que les femmes).

Pour évaluer les chiffres chez les enfants, deux études conduites en Haute-Garonne et Haute-Savoie, qui comparent les enfants nés en 1995-1997 et en 2007-2009, ont été utilisées.

La prévalence a triplé en dix ans, passant de 2,3 à 7,7 enfants pour 1000 en Haute-Savoie. En Haute-Garonne, on compte 12,3 enfants pour 1000 pour les enfants nés entre 2007 et 2009. Cependant, une diminution significative de la proportion d’enfants présentant un retard intellectuel associé est à noter.

Pour les enfants nés en 2010, la prévalence atteint 8 à 10/1000.

« Dans tous les pays toutefois, la mesure du taux de prévalence de l’autisme met en évidence une grande dispersion des résultats et une tendance à la hausse, qui s’expliquent au moins autant par les forces et les faiblesses des systèmes d’information que par l’acception de plus en plus large de l’autisme donnée par les classifications internationales. » précise le rapport.

Catherine Ha, épidémiologiste co-auteur du rapport, explique que « les plans “autisme” ont permis d’améliorer le repérage de ces troubles. Mais cela n’explique peut-être pas toute l’augmentation. Les connaissances sur les facteurs de risques sont encore limitées. Une influence des facteurs environnementaux n’est pas à exclure. »

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