Embryons transgéniques : 3 comités d’éthique européens signent une déclaration commune

Alors qu’en France, la révision de la loi bioéthique envisage de supprimer l’interdiction de créer des embryons transgéniques, (article supprimé par le Sénat à ce stade des travaux parlementaires), et que la menace internationale est réelle, les comités d’éthique français (CCNE), anglais (Nuffield Council on Bioethics) et allemand (Deutscher Ethikrat) ont signé, le 3 mars 2020, une déclaration commune sur la modification ciblée du génome humain transmissible à la descendance. Ce même jour, le CCNE a rendu son avis 133 sur la question.

Les 3 comités d’éthique appellent les Etats et les décideurs internationaux à placer les enjeux éthiques au cœur des discussions et à développer une gouvernance mondiale sur le sujet. Ils reconnaissent que cette technique n’est pas encore suffisamment sûre pour être appliquée chez l’homme. Pour eux, aucun essai clinique ne doit être entrepris avant qu’un débat de société n’ait eu lieu, pour que la société l’accepte, ni avant d’avoir atteint un niveau acceptable quant aux incertitudes qui pèsent sur les risques induits sur les enfants à naître.

Les trois comités s’accordent à considérer comme primordial que ces modifications ne contribuent pas à accélérer les inégalités, discriminations et divisions au sein de la société. Les comités allemand et français mettent aussi l’accent sur les principes de non malfaisance et de bienfaisance.

Malgré ces mises en garde salutaires pour ces comités, la perspective de la naissance d’enfants génétiquement modifiés n’est pas à exclure. Ils considèrent qu’à l’avenir, certaines applications cliniques pourraient « être moralement permises » et que la « lignée germinale (gamètes et embryons humains » n’est pas catégoriquement inviolable ».

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