Projet de loi bioéthique à l’Assemblée nationale : Tugdual Derville, invité de RCF le 30 juin 2020

Tugdual Derville était l’invité de RCF, le 30 juin 2020, pour parler du projet de loi bioéthique qui revient en deuxième lecture à l’Assemblée nationale – en commission spéciale bioéthique depuis le 29 juin et en session plénière à partir du 3 juillet. 

Quelques verbatim extraits de l’émission :

Le contexte est difficile. En semi-confinement, cela empêche largement le débat démocratique. En commission spéciale, les députés ont pris des positions, sans même la présence des ministres. Il y a quelque chose d’indécent quand on voit les enjeux auxquels les Français sont confrontés. (…) Et on nous met en urgence, au début de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale ce débat, comme s’il fallait passer en force, alors qu’un sondage avec Marchons Enfants ! a montré que seulement 1% des Français estiment que ce projet de loi est prioritaire.

Le projet demeure extrêmement transgressif, même de plus en plus transgressif et les Français vont subir quelque chose dont ils ne mesurent pas à quel point, même en termes d’écologie, de respect des fondamentaux de notre identité d’être humain, la France va très loin dans les nouvelles transgressions.”

Il y a un paradoxe entre la tenue des états généraux de la bioéthique et la façon dont tout a été mis tout de suite à la poubelle, parce que cette façon dont la consultation a abouti ne plaisait pas à ceux qui promeuvent les transgressions nouvelles.”

Ce slogan ‘Solidaire des plus fragiles’, qui est la ligne de base d’Alliance Vita, a été promu au plus haut sommet de l’État, pendant tout le confinement, la période la plus dure du Covid, ces repères-là, qui sont les plus essentiels pour solidifier la société, sont attaqués directement.”

Cette loi va à l’encontre des plus fragiles sur 3 points : d’abord, c’est une forme de dérégulation de l’accès à la procréation médicalement assistée. Les députés ont supprimé la mention ‘Nul n’a le droit à l’enfant’. Une pression individualiste vise à donner des enfants à ceux qui le demandent. Deuxièmement, il y a une instrumentalisation croissante de l’embryon humain : l’embryon est considéré comme une chose. Cette façon de considérer l’embryon humain est un marqueur de civilisation. Et enfin, l’intensification de l’eugénisme, avec l’aggravation de l’IMG et l’augmentation du diagnostic pré-implantatoire : on va vers le fantasme d’un enfant parfait.

Nous pensons qu’il n’est pas légitime d’escamoter totalement une des dimensions qui fait l’humanité (masculin-féminin). En cassant les repères généalogiques, on atomise la société, on la rend encore plus individualiste et les plus fragiles en font toujours les frais.”

A Alliance VITA, ce qui nous garde d’une forme d’agressivité, c’est la rencontre avec les personnes. Ce sont les services d’aide, où nous recevons les personnes qui se confient à nous, pour des sujets liés au tout début de la vie ou à la fin de la vie. Et là, nous voyons en réel les souffrances induites par nos dérives sociales : on voit la réalité d’enfants qui souffrent d’avoir été privés délibérément d’une part de leur histoire, on voit la réalité de femmes qui souffrent d’avoir cru que telle ou telle transgression leur apporterait le bonheur alors qu’elle leur a apporté souvent bien des peines. Sans juger ces personnes et en les accompagnant, on se console, en entendant les personnes dire ce qu’elles vivent vraiment, qui est tellement différent des idéologues qui les poussent à n’importe quoi.

Le sens de l’histoire que nous voulons construire c’est l’humanisation du regard de l’homme sur l’homme.”

 

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