Nouveau report de la Loi Grand âge et autonomie : inquiétude des professionnels

loi Grand âge et autonomie

La Loi Grand âge et autonomie faisait partie des promesses de campagne annoncées par le président de la république Emmanuel Macron. Cependant, depuis sa présentation à l’automne 2019, cette réforme est constamment repoussée.

La pandémie de la Covid-19 avait semblé accélérer l’exigence de ce projet de loi, comme l’indique Alliance VITA dans son analyse en septembre 2020. Lors d’une visite dans un EHPAD, Emmanuel Macron déclarait : “Ce virus nous a réappris parfois à vivre avec la mort, notre vulnérabilité, et nous a montré que nous étions plus vulnérables à un certain âge. Il nous a conduits à regarder en face le vieillissement de notre population. Cela suppose d’adapter notre réponse.”

Pourtant, le 13 janvier 2021, à l’issue du séminaire gouvernemental de rentrée, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal évoquait un nouveau report de la Loi Grand âge et autonomie. Cette annonce a été confirmée par la ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, le 20 janvier, lors du 13ème colloque national de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées (FNADEPA). Celle-ci a affirmé que « le projet de loi est toujours une priorité pour le quinquennat dès que la crise sanitaire le permettra. »

Ce nouveau report inquiète les professionnels confrontés à des difficultés de financement et de fonctionnement depuis des années. Quatre fédérations de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile (Adédom, ADMR, FNAAFP/CSF et UNA) dénoncent dans un communiqué : « Alors que plus de 80% des Français souhaitent vieillir à domicile, il est déjà impossible, faute de personnel et de moyens financiers, d’honorer toutes les demandes d’accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap, et des familles en difficulté. Oubliés des pouvoirs publics depuis de trop nombreuses années, l’aide et le soin à domicile ont urgemment besoin de financements et d’une loi Grand âge et autonomie ambitieuse pour continuer à accompagner les plus fragiles. »

Ces fédérations ont lancé, le 27 janvier, une campagne de communication et demandent aux Français d’interpeller leurs élus, via cette plateforme, pour porter trois revendications :

  • Une loi Grand âge et autonomie opérationnelle avant l’été 2021 ;
  • Une revalorisation des métiers du soin à domicile : « Nos métiers ne sont plus attractifs alors qu’ils sont indispensables au maintien du lien social ! » ;
  • Des financements publics permettant de s’adapter aux besoins des personnes dépendantes, âgées ou en situation de handicap, accrus par le vieillissement de la population.

La question des priorités se pose : le gouvernement saura-t-il relever le défi de la prise en charge de la dépendance en institution et à domicile et répondre aux besoins d’accompagnement des personnes révélés par la crise sanitaire ?

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