Le regard des Français sur le projet de loi bioéthique (Sondage IFOP)

sondage IFOP loi bioéthique

Au moment où le projet de loi Bioéthique revient en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale, Alliance VITA a commandité un sondage auprès de l’IFOP sur le regard des Français sur le projet de loi bioéthique :

  • Les résultats sont révélateurs de la forte méconnaissance du contenu du projet de loi par le grand public.
  • Ils mettent en lumière le souhait des Français d’appliquer un principe de précaution en matière de bioéthique et que soient posées des limites aux recherches qui mettent en cause l’intégrité de l’être humain.

Une forte méconnaissance du contenu de la loi

Quand on l’interroge sur des mesures précises du projet de loi en matière de procréation, de droit des enfants, ou encore de manipulation des embryons humains, la majorité des sondés avoue ne pas savoir qu’elles y figurent :

A peine un quart des Français savent que le projet de loi autoriserait la procréation d’enfants sans aucun lien biologique avec leurs parents via le double don de gamètes, que la PMA serait remboursée par la sécurité sociale, y compris pour les personnes sans problème d’infertilité, ou encore que des établissements lucratifs pourraient être autorisés à prélever et conserver des gamètes.
On constate surtout une méconnaissance quasi absolue par les Français des mesures liées à la manipulation des embryons humains. Ils ne sont que :
9% à savoir que la loi autoriserait à apporter des modifications génétiques aux embryons
7% la création de chimères animal-homme par l’introduction de cellules souches embryonnaires humaines dans des embryons animaux.
Ces deux dernières dispositions ne sont pas seulement méconnues, elles semblent incongrues ou inimaginables.

Les Français majoritairement favorables à l’application du principe de précaution en matière bioéthique

Les Français sont majoritairement favorables (57%) à l’application du principe de précaution* aux humains en matière de décision bioéthique, comme c’est le cas pour la nature et l’environnement.

Ce soutien traverse les classes d’âge (55% des moins de 35 ans et 58% des plus de 35 ans), et les orientations politiques : 62% des personnes se classant à gauche, 63% des soutiens de la majorité LREM et 65% des personnes se classant à droite. Il n’y a pas non plus de différence notable en fonction des régions et des lieux d’habitation : 53% des personnes de l’agglomération parisienne, 58% des habitants urbains de province et 57% des habitants de commune rurale.

* Le principe de précaution est inscrit dans la constitution française : il vise à prendre des mesures qui évitent des atteintes graves et irréversibles à la nature et l’environnement.

Un soutien massif des partisans de la majorité présidentielle pour interdire la création de chimères et la modification génétique d’embryons humains pour la recherche

Cette adhésion des Français au principe de précaution est encore plus importante quand on les interroge sur son application dans le but d’interdire l’utilisation des embryons humains modifiés génétiquement pour la recherche, (72% en moyenne – 82% des soutiens de la majorité présidentielle) ou la création de chimère animal-homme (76% en moyenne et 87 % pour les soutiens de la majorité présidentielle). Les soutiens de la majorité présidentielle sont donc encore plus favorables à l’application d’un principe de précaution que la moyenne des Français !

Pour Alliance VITA,

“Alors que le débat s’est injustement focalisé sur la seule PMA, que les Français en soient arrivés à ce degré d’ignorance marque l’échec du processus qu’on prétendait participatif et consensuel. Ce sondage montre clairement le décalage entre les mesures en cours d’adoption dans le projet de loi bioéthique et les véritables attentes des Français dans leur ensemble. Ils attendent de leurs responsables politiques de la cohérence pour une écologie globale qui intègre le respect de l’humanité. Cette réalité devrait interroger le Président de la République et son gouvernement tant qu’il est encore temps de réorienter la loi, voire de suspendre le processus législatif.”

 

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