Favoriser un écosystème pour la famille durable 

La démographie est au cœur des enjeux d’avenir de la société française comme le souligne le rapport[1] sur les enjeux démographiques du Haut-Commissaire au plan, François Bayrou. Il plaide pour un « pacte national pour la démographie », afin de sauver le modèle social français, et affiche parmi ses objectifs celui d’« avoir plus d’enfants ».

En effet, après avoir atteint un point haut avec 802 224 naissances enregistrées en 2010 en France Métropolitaine, le nombre des naissances a chuté de plus de 10 %.

Une baisse notable de la natalité

La natalité est en chute depuis 2014 : 738 000 bébés[2] ont vu le jour en 2021.

L’indicateur de fécondité continue à baisser avec 1,83 enfant par femme en 2021. Le taux était de 2 enfants par femme en 2014, puis de 1,96 en 2015, de 1,93 en 2016, de 1,88 en 2017 et de 1,86 en 2019.

Pourtant, comme le révèle l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF), dans une étude confiée à Kantar, réalisée du 28 octobre au 2 novembre 2020, le désir d’enfant reste toujours aussi fort en France : le nombre moyen d’enfants souhaité est de 2,39. Dans le détail :

  • 91% des interrogés souhaitent ou auraient souhaité des enfants, dont 83% plus d’un enfant.
  • Seulement 4% n’en souhaitent pas ou n’en souhaitaient pas.
  • Plus des deux tiers (67%) des personnes ayant eu un enfant en voudraient ou en auraient voulu au moins un de plus. C’est aussi le cas de 23 % des personnes ayant eu deux enfants.

Si les familles ont moins d’enfants, ce n’est donc pas parce qu’elles en veulent moins.

L’âge « social » de la maternité s’éloigne de l’âge biologique de la maternité

L’âge moyen pour un premier enfant est passé de 24 ans à 28,5 ans de 1974 à 2015 (INSEE).

Dans une étude parue en janvier 2022, l’INSEE analyse en détail l’évolution de la fécondité après 40 ans. Le constat majeur est que cette fécondité, dite « tardive », est en hausse depuis 1980, après une baisse continue depuis la fin des années 1940. En 2019, 42 800 bébés sont nés de mère ayant 40 ans ou plus, soit 5,7 % des naissances.

Parmi les facteurs cités : l’allongement des études, la « mise en couple » plus tardive, le désir d’être professionnellement stabilisée avant d’envisager une grossesse. L’INSEE souligne que « la médicalisation de la contraception a pu également faciliter ce report ». En conséquence, « la fécondité tardive est 3.4 fois plus élevée en 2019 qu’en 1980 ». L’INSEE donne quelques détails sur les catégories sociales et les situations familiales. Ainsi, les femmes nées à l’étranger ont des maternités tardives plus fréquentes, ces femmes étant plus souvent mères de famille nombreuses. Par ailleurs, les femmes cadres ou à l’inverse sans profession ont également une fécondité tardive plus forte. Pour un quart des mères de 40 ans ou plus, cette naissance est leur premier bébé. Enfin, concernant la situation familiale, la remise en couple est aussi un facteur de fécondité tardive : 32% des naissances sont issus de couples n’ayant pas d’enfant commun vivant avec eux.

Un avis du CCNE souligne que « Le caractère tardif de la première maternité a pour conséquence de majorer la fréquence des infécondités liées à l’âge de la femme et le nombre des consultations dans les centres agréés pour l’AMP ». Cependant les taux de succès de recours à l’AMP diminuent considérablement avec l’âge alors qu’augmentent les complications pour les femmes et les risques pour les enfants.

Les propositions suivantes visent à permettre aux femmes et aux couples de vivre la maternité dans les meilleures conditions.

[1] https://www.gouvernement.fr/demographie-la-cle-pour-preserver-notre-modele-social
[2] INSEE – Bilan démographique 2021

 

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